Petites exploitations agricoles : Les femmes toujours mal rémunérées

Petites exploitations agricoles : Les femmes toujours mal rémunérées

Les conditions de travail sont dans la plupart des cas difficiles. Ces femmes restent confrontées à un facteur de taille, celui de l’absence  des hommes en âge d’activité qui, pour leur part, ont choisi d’explorer de nouveaux horizons.

Cheville ouvrière de l’agriculture solidaire, la femme rurale joue un rôle important dans le développement de l’activité agricole des petites exploitations. L’effort consenti par la gent féminine est indéniable, toutefois les chiffres manquent pour mesurer réellement l’apport de cette participation à l’économie locale. C’est dans cette perspective que le Crédit Agricole du Maroc et l’Agence  française de développement (AFD) ont financé une étude visant à analyser l’activité de la femme dans le milieu rural d’un point de vue économique, social et culturel. Menée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) sur une durée de 20 mois, cette étude a mis en lumière la condition de la femme agricole dans trois zones agro-sociologiques différentes étendues dans quatre provinces du Maroc, à savoir le Haouz, Taroudant, Chtouka Ait Baha et Zagoura.

L’enquête a porté sur 300 petites exploitations agricoles réparties sur 20 petits douars, soit 60 ménages enquêtés par zone. Il s’agit en effet d’une agriculture qui s’étend dans de petites sufraces non mécanisées. L’étude présentée dans le cadre des conférences programmées lors de cette 13ème édition du SIAM a fait ressortir un constat alarmant. L’effort de la femme rurale n’est pas valorisé et ce en dépit du temps et de l’énergie qu’elle consacre à l’activité agricole. Les conditions de travail sont dans la plupart des cas difficiles. Ces femmes restent confrontées à un facteur de taille, celui de l’absence  des hommes en âge d’activité qui, pour leur part, ont choisi d’explorer de nouveaux horizons, soit dans des villes proches ou ont opté pour des migrations longues.

L’activité agricole représente en fait 70 à 80% du temps total de la femme rurale, soit 8 à 10 heures par jour. L’élevage monopolise à lui seul le temps investi par les femmes dans les petites exploitations et ce à hauteur de 90%.  Les femmes rurales sont également présentes dans les cultures. Leur temps de travail varie dans ce sens d’une localité à une autre. A Oued Souss et l’Anti Atlas, les femmes passent 75 à 78% de leur temps dans les cultures au moment où cette présence est relativement faible dans d’autres régions telle que les Oasis et ce pour des spécificités locales et culturelles, des zones où les femmes employées dans les activités agricoles ont souvent le statut social le plus bas. En termes de contribution des femmes aux revenus, l’étude relève un taux de 37% en termes de revenus agricoles issus dans les petites et moyennes exploitations contre 75% de revenus non agricoles. 

Dans l’Oued Souss, les revenus non agricoles représentent une part de 43%.  Autre indicateur à mettre en relief : celui de la contribution de la femme, aux dépenses des ménages. Sur ce point l’étude a mis  l’accent sur une problématique importante : l’absence des revenus des femmes notamment ceux qui sont associés à l’agriculture. Seulement 5% des femmes enquêtées tirent leurs revenus de l’agriculture. Le non accès de ces femmes aux terres et aux titres fonciers ne leur facilite pas la tâche de recourir aux crédits bancaires  afin de subvenir à leurs besoins familiaux et agricoles. Selon l’étude, seulement 1,5% des femmes ont pu jusque-là contracter des crédits au moment où  3% des femmes sont à ce jour bancarisées. Face à ces constats, une série de recommandations a été présentée. Le tout converge dans la nécessité de consolider les actions d’accompagnement destinées aux femmes rurales. L’ensemble des institutions ayant pour mission d’encadrer et d’appuyer ces femmes doit renforcer sa proximité avec cette population pour mieux cerner ses besoins. Les conclusions de l’étude restent par ailleurs positives. Un brin d’optimisme manifesté par la révolution numérique qui bat son plein dans la société marocaine aussi bien dans le milieu urbain que dans l’arrière-pays. Selon les résultats de l’étude, plus de la moitié des femmes ayant participé à cette enquête (186/300) disposent d’un téléphone portable. Cette révolution numérique, compte tenu de  la transformation rapide qu’elle entraîne, fera avancer le statut des femmes et contribuer à sa individualisation.

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1 Comment

  1. Zzin

    Au moins 10dh de différence journalière entre l’homme et la femme pour le même travail avec une qualité d’un travail soigneux et sans retard pour la femme.

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