Pétrole et gaz ainsi que l’immobilier plombent le marché boursier: Le chiffre d’affaires global de la cote baisse de 7,5% au 1er semestre 2015

Pétrole et gaz ainsi que l’immobilier plombent le marché boursier: Le chiffre d’affaires global de la cote baisse de 7,5% au 1er semestre 2015

Ainsi, le chiffre d’affaires consolidé de l’ensemble de la cote est ressorti en baisse de 7,5% grevé, particulièrement, par Samir et Alliances. De même, la masse bénéficiaire agrégée s’est nettement affaissée de 31,6%, à près de 9,8 milliards de dirhams. «Vu leur poids, les secteurs du pétrole et de l’immobilier continuent de tirer vers le bas toute la cote, éclipsant la performance des autres secteurs, tels que les banques, les assurances, l’électricité, l’agroalimentaire, le matériel informatique et ingénierie», expliquent les analystes de Upline Groupe, dans leur Snapshot du 1er semestre 2015.

Les bons élèves de la cote

Banques

Au premier semestre 2015, la rentabilité du secteur bancaire marocain coté ressort en croissance, capitalisant essentiellement sur l’allégement du coût du risque et sur la bonne tenue des activités à l’international. Ainsi et malgré un effet de base défavorable, le PNB consolidé de l’ensemble des banques cotées a enregistré une croissance de 2,2%, à 26,9 milliards de dirhams, capitalisant essentiellement sur la bonne performance de BCP et BMCE Bank, aussi bien au Maroc qu’à l’international. Notons que la majorité des banques ont enregistré une amélioration de leur marge d’intérêt en ce premier semestre, profitant de la baisse du coût des ressources. Cependant, pâtissant d’une hausse des charges de fonctionnement plus prononcée que celle du PNB, le résultat brut d’exploitation ressort en baisse de 2,9%, à 13,7 milliards de dirhams. Par ailleurs, l’effort de provisionnement fourni par le «Top three» du secteur bancaire marocain, à savoir ATW, BCP et BMCE Bank ces dernières années, a contribué à l’allégement du coût du risque et ce, à travers l’enregistrement d’importantes reprises au cours des six premiers mois de l’exercice 2015. Ainsi, la charge de risque sectorielle s’est allégée de 11,2%.

Assurances

En dépit d’un ralentissement évident en ce premier semestre 2015, le secteur coté des assurances affiche une croissance portée principalement par la «Vie». Ainsi, les primes acquises nettes se sont hissées de 4,7%, à 5,952 milliards de dirhams. En termes de rentabilité, le résultat technique agrégé a affiché une progression à deux chiffres de 24,3% pour se situer à 1,139 milliard de dirhams. Enfin, le résultat net part du groupe du secteur a enregistré une hausse de 9,6%, à 823,7 millions de dirhams. Côté bilan, les fonds propres de l’ensemble des compagnies ont baissé de 2,6%, à 9,375 milliards de dirhams. «Pour le reste de l’année 2015, nous pensons que l’activité des compagnies d’assurance devrait continuer à profiter de la bonne orientation de la branche Vie capitalisant sur la poursuite de l’allégement des tensions sur la liquidité au second semestre 2015», relèvent les analystes d’Upline Group.

Sociétés de financement

Dans un marché caractérisé par une stagnation de la demande de crédits et une montée du risque, les sociétés de financement spécialisées ont pu assurer une croissance de leur rentabilité, capitalisant sur la baisse du coût des ressources et sur une optimisation des charges de fonctionnement. Ainsi, le PNB sectoriel s’est hissé de 6,9%, porté principalement par les bonnes performances des deux filiales du Groupe BMCE Bank, à savoir Maghrebail et Salafin. Rappelons que cette dernière a profité de la reprise de son activité de financement et de la montée en puissance de son activité de service, notamment avec la décision d’étendre cette activité à d’autres pays africains.
 

Les mauvais élèves de la cote

Pétrole et gaz

Plombé par les déboires de Samir, le secteur du pétrole et gaz affiche de piètres performances, pesant même sur les réalisations de l’intégralité de la cote. En effet, le chiffre d’affaires agrégé du secteur a chuté de 42,5%. De même, la baisse des revenus constatée chez l’ensemble des opérateurs a été plus accentuée chez Samir, laquelle a contribué à hauteur de 37,5 points dans la détérioration du volume d’affaires sectoriel. Hors Samir, le secteur aurait atténué sa baisse à 21,1%. Sur le plan opérationnel, le secteur affiche un déficit du résultat opérationnel de 780,4 millions de dirhams. De même que pour le chiffre d’affaires, cette perte est due essentiellement aux mauvaises réalisations de Samir. Seule Afriquia Gaz parvient à maintenir un rythme de croissance assez soutenu de son résultat d’exploitation. Dans ces conditions, la masse bénéficiaire sectorielle se replie à 3,066 milliards de dirhams, conséquence du déficit significatif de Samir de 3,454 milliards de dirhams, accentué par la baisse des profits de Total Maroc de 23,5 millions de dirhams.

Immobilier

Le secteur de l’immobilier affiche au titre de la première moitié de l’année des agrégats financiers en repli, pâtissant d’une conjoncture sectorielle marquée par une baisse de 21,6% des mises en chantier à 89.603 unités. A cet effet, le chiffre d’affaires consolidé sectoriel s’est étiolé de 27,8%. Cette contraction intègre la forte baisse des revenus consolidés du Groupe Alliances de 81,3%, un recul de 12,8% du volume d’affaires de Résidences Dar Saada et une appréciation du chiffre d’affaires consolidé du Groupe Addoha de 0,5%. Hors les revenus d’Alliances qui ont contribué à la décroissance du revenu sectoriel avec 26,5 pts, ce dernier aurait limité sa baisse à 2%. Suivant la même tendance, le résultat d’exploitation sectoriel se défait de 53,4%, impacté par le résultat déficitaire du Groupe Alliances. Pour sa part, le RNPG sectoriel s’est effiloché de 67,7%, sous l’effet du résultat déficitaire d’Alliances.

BTP (hors cimenteries)

Dans un contexte de marché qui demeure pénalisé par la poursuite de l’atonie du marché de la construction, le secteur BTP (hors cimenteries) coté en Bourse a encore fait du surplace clôturant le premier semestre 2015 sur un volume d’affaires en contraction de 8,1%.

Notons l’impact dans cette évolution de Sonasid, dont le chiffre d’affaires consolidé a représenté une part de 66,8% du chiffre d’affaires sectoriel. Exclusion faite de Sonasid, le CA sectoriel ressort en amélioration de 6,5%. Le volume d’affaires du sidérurgiste a pâti d’un retrait de 3% de ses ventes en volume, combiné à un effet-prix négatif de 12% en moyenne sur le semestre.  Soulignons la bonne performance de Jet Contractors, dont le chiffre d’affaires s’est affermi de 19,1%, moyennant une contribution positive de 1,8 pt à la croissance du chiffre d’affaires sectoriel. S’inscrivant dans cette tendance, le résultat d’exploitation sectoriel s’est soldé par une dégradation de 29,7%. Aussi, pâtissant d’une chute de 77,6% du RNPG de Sonasid, la capacité bénéficiaire du secteur cède 43,6%.

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