Pétrole : le déficit de la compensation s’aggrave

Pétrole : le déficit de la compensation s’aggrave

Mercredi 5 juillet dernier, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Boutaleb, recevait, au siège de son département, les membres du Bureau du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM).
A l’ordre du jour de cette prise de contact, la situation des arriérés de la Caisse de compensation vis-à-vis des sociétés de distribution. Ces arriérés s’élèvent à 4 milliards DH pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2006. On précise à cet égard, au ministère de l’Energie et des Mines, que le déficit global de la Caisse de compensation devrait se situer, à fin décembre 2006, entre 8 et 11 milliards DH, une fourchette qui repose sur deux séries d’hypothèses : le brut à 65 $ le baril et le gaz butane à 500 $ la tonne pour l’hypothèse basse et le brut à 75 $ et le butane à 600 $/T pour l’hypothèse haute.
Il demeure que le retard à la charge de l’Etat vis-à-vis des sociétés pétrolières affecte fortement ces dernières du fait notamment des frais financiers qui en résultent et dont les petites structures souffrent plus particulièrement. A ce sujet, M. Boutaleb a assuré les distributeurs que les pouvoirs publics sont conscients de l’importance des difficultés occasionnées au secteur pétrolier et qu’à cet effet, les démarches seront poursuivies auprès des départements concernés en vue de trouver les solutions appropriées à ces problèmes.
Par ailleurs, le ministre a félicité les opérateurs pétroliers pour les efforts déployés en vue d’assurer l’aprovisionnement normal du marché national, malgré le contexte actuel marqué par une demande pétrolière accrue à l’échelle internationale et par la flambée des cours du pétrole. Pas de solution miracle donc, tandis que les importations marocaines en pétrole brut affichent, rappelons-le, une hausse de 20% par rapport au niveau enregistré de l’année dernière. Avec une facture globale ayant atteint quelque 9,5 milliards de dirhams (environ 1 milliard de dollars) les opérateurs du secteur sont nombreux à estimer que leur situation sera intenable d’ici la fin juillet si rien n’est fait. Dans le détail, la hausse de la facture pétrolière due au renchérissement des cours du pétrole sur le marché international doit être appréciée en fonction de divers paramètres. D’une part, le volume importé qui a baissé, durant la période janvier-mai 2006, de 16,2% pour se situer autour de 2,32 millions de tonnes. D’autre part, le prix moyen de la tonne importée qui a augmenté de 43,1% durant cette même période, passant de 2 864 DH/t à 4 098 DH/t. Pour le seul mois de mai dernier, les achats de pétrole brut ont enregistré une hausse de 62,3% en valeur et de 12,2% en volume.
Les analystes qui annonçaient qu’à l’approche de l’été, les consommations allaient baisser et, par conséquent, les prix regagner leur niveau normal en sont donc pour leurs prédictions. Tandis que les distributeurs de produits pétroliers attendent toujours le règlement de leurs arriérés.

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