Pétrole : Nouveau record sur les places internationales

Les cours du brut ont clôturé vendredi sur un record à New York, après avoir franchi en séance pour la première fois la barre symbolique des 92 dollars le baril, à la faveur d’un déclin des réserves pétrolières américaines, de nouvelles sanctions contre l’Iran et de la faiblesse continue du dollar.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a gagné 1,40 dollar à 91,86 dollars, soit un nouveau record de clôture. Il a atteint vendredi, lors des échanges électroniques d’avant séance, un plus haut à 92,22 dollars. En un mois, les prix du pétrole ont pris plus de dix dollars à New York. Sur un an, la flambée est d’environ 30 dollars, soit une hausse d’à peu près 50%.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a également établi un plus haut historique à 89,30 dollars et se rapproche désormais du seuil symbolique des 90 dollars. Pour les analystes, «la question n’est plus est-ce que le baril va-t-il atteindre la barre fatidique des 100 dollars, tant redoutée par les consommateurs et les automobilistes, mais quand va-t-il la franchir», résume Bart Melek, analyste à BMO Capital. Dans un récent document, les analystes de la banque canadienne CIBC avançaient 2008 comme échéance aux 100 dollars, «il semble désormais qu’on puisse l’atteindre avant la fin de l’année», estime Phil Flynn (Alaron Trading). Le record du brut reste toutefois en deçà du pic établi en avril 1980, un an après la Révolution islamique en Iran, qui ressort à 101,70 dollars une fois ajusté de l’inflation, selon le calcul de Ben Tscocanos, analyste chez Standard and Poor’s. Après avoir marqué une pause en début de semaine, les prix de l’or noir se sont de nouveau accélérés dès mercredi après la publication du rapport hebdomadaire du département américain de l’Energie faisant état d’un recul des stocks de brut et de produits distillés (fioul de chauffage et diesel) aux Etats-Unis. Les investisseurs redoutent en effet une insuffisance de l’offre à l’approche de l’hiver, pic de la consommation de produits distillés dans l’hémisphère Nord. A ces craintes se sont greffées des tensions géopolitiques qui pourraient contribuer à réduire davantage l’approvisionnement de brut. Les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à l’Iran jeudi, accusant Téhéran de répandre des armes de destruction massive.
Parallèlement, une éventuelle intervention militaire de la Turquie en Irak pour y déloger les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) laisse planer une menace sur le transit du pétrole irakien via la Turquie.Par ailleurs, le groupe pétrolier italien Eni a suspendu vendredi la production de 500.000 barils par jour de pétrole suite à l’attaque dans la nuit de jeudi à vendredi d’une de ses plates-formes dans le sud du Nigeria.
Enfin, la faiblesse du dollar, devise à laquelle est vendu le pétrole, est un autre facteur de la flambée des cours. Le billet vert a touché un nouveau plus bas contre l’euro vendredi (1,4393 dollar pour un euro).

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