Philip Morris veut conquérir l’Asie

Philip Morris (groupe Altria) a annoncé lundi l’achat de 40% des parts de Sampoerna, l’un des premiers producteurs indonésiens de cigarettes, à 1,13 dollar l’action, soit 20% de plus que la valeur à la clôture des marchés jeudi. Dans la foulée, le cigarettier a proposé d’acheter le reste au même prix, représentant une transaction de 5,2 milliards de dollars. "C’est un marché stratégique important, rentable, avec une forte croissance économique et démographique", résumait lundi Louis Camilleri, le PDG du groupe Altria, qui contrôle Philip Morris, lors d’une audio-conférence.
Marché porteur s’il en est, l’Indonésie dont 70% de ses 220 millions d’habitants fument, devrait également constituer une formidable ouverture vers le marché prometteur de la Chine, à l’heure où les sociétés occidentales adoptent des législations anti-tabac particulièrement rigides en raison des coûts très lourds du tabagisme pour les systèmes d’assurance maladie. "Pour participer pleinement au marché indonésien il faut pouvoir donner au consommateur ce qu’il veut", a souligné M. Camilleri.
Et le fumeur indonésien marque nettement sa préférence pour les cigarettes aux clous de girofle, les célèbres kreteks, qui représentent 92% des cigarettes vendues sur ce marché soit 192 milliards d’unités, selon le PDG du groupe américain. "Notre ambition est de devenir avec Sampoerna le leader du marché indonésien", a-t-il clairement affirmé en notant que ce marché présentait non seulement un potentiel démographique important mais surtout que Sampoerna possédait l’expertise pour les kreteks, ce qui manque à Philip Morris. "Leurs meilleurs atouts sont leurs marques et leur personnel", a-t-il insisté. Un peu moins de la moitié (44%) des kreteks (composées de 60% de tabac traditionnel et de 40% de clous de girofle) sont roulées à la main dans les usines de Sampoerna, et bénéficient à ce titre de taxes réduites. Avant de proposer de racheter la totalité de l’entreprise indonésienne, Philip Morris a ordonné plusieurs études pendant "au moins deux ans et demi" dont l’une sur les dangers potentiels pour la santé.

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