Pilier de l’économie locale : Le cactus, un véritable levier de développement

Pilier de l’économie locale : Le cactus, un véritable levier de développement

Le cactus est l’une des plus importantes sources de production dans les régions de Guelmim-Oued Noun et Souss-Massa, en particulier dans la région d’Ait Baâmran, Sidi Ifni, et Chtouka Ait Baha. Ce fruit revêt une importance particulière sur les plans économique, social et environnemental.

Appelé également figue de barbarie ou encore Aknari, le cactus est un produit du terroir de premier choix, et qui a connu durant les dernières années une notoriété aussi nationale que mondiale. Devenue un véritable levier de développement local, la culture du cactus est une tradition ancestrale qui contribue fortement à l’amélioration des revenus de la population rurale, à travers la création d’emploi.

Ce fruit joue un rôle primordial dans le développement socio-économique grâce notamment à l’adoption par certaines organisations professionnelles de techniques nouvelles et modernes en vue de valoriser ce produit, et de diversifier ses dérivés de plus en plus demandés à l’échelle nationale et internationale.

Aujourd’hui le cactus est une ressource généreuse et précieuse, les montagnes et plaines d’Ait Baâmran, et Souss-Massa sont protégées par cette plante qui renforce l’écosystème fragile contre les aléas de la désertification, et l’un des piliers de l’économie locale. Il est doublement important pour ces régions étant donné qu’il assure des fruits, des figues, et du fourrage pour le bétail. C’est aussi une plante qui s’adapte à la sécheresse et idéale pour une agriculture durable dans les régions arides. La cueillette commence souvent au mois de juillet et dure jusqu’à octobre.

Le cactus peut être dégusté comme fruit frais, séché ou confit. Néanmoins, il existe d’autres façons de le consommer en cuisine: jus, salade de raquettes, tisane de fleurs de figues de barbarie. En cosmétique, il est utilisé dans la fabrication de produits de beauté haut de gamme.

Depuis plusieurs générations, le cactus est broyé pour être utilisé comme masque du cheveu, mais c’est son huile qui a le plus de vertus en cosmétique, du fait qu’il adoucit le vieillissement de la peau, et constitue un antiride par excellence. Sa forte teneur en vitamines, en minéraux et en fibres fait de ce fruit un remède thérapeutique naturel contre quelques maladies chroniques (diabète, cholestérol et hypertension).

Dans ces régions plusieurs coopératives et TPE se sont lancées dans la fabrication artisanale et moderne de produits cosmétiques à base de cactus notamment des savons, shampoings, crèmes, et qui sont associés à d’autres produits traditionnels comme l’argane. Il faut en principe une tonne de figues pour obtenir 25 kg de grains, qui donnent à leur tour un litre de cette précieuse huile, considérée comme l’une des plus chères au niveau international. Dans ce sens, le litre peut coûter jusqu’à 10.000 DH.  Les dérivés du cactus sont exportés partout dans le monde, notamment vers les marchés américains et européens.

La culture du cactus occupe dans la région du Souss-Massa plus de 50.000 ha, représentant plus de 56% de la superficie totale de cette culture au niveau national. Alors que la production globale de ce fruit est estimée à 400.000 tonnes par an, avec un rendement moyen de 8 tonnes par hectare. Le nombre des producteurs dépasse les 6.600 agriculteurs.

Cette filière a bénéficié d’un intérêt particulier dans les programmes de développement agricoles régionaux via le plan agricole régional. Cette plante est l’objet de plusieurs projets de grande importance, afin de réaliser un ensemble d’objectifs consistant notamment en la lutte contre la pauvreté, la création d’emploi, la préservation des ressources naturelles, et l’amélioration des revenus des agriculteurs.

Ce plan vise l’augmentation de la superficie cultivée en cactus pour arriver à 61.000 ha, et produire 603.000 tonnes d’ici 2020, soit 10 tonnes par hectare.

Pour arriver à cet objectif, le plan agricole régional prévoit trois grands projets, le premier concerne la région d’Ait Baâmran, le deuxième à Ait Baha et le troisième à Ighrem dans la province de Taroudant.

Ces projets vont permettre la création de 1.370.000 jours travaillés, ce qui représente une croissance de 270% comparé à la situation initiale. Et aussi la création d’une valeur ajoutée très importante qui dépasse 616 millions DH par rapport à 350 millions DH avant le lancement de ce plan ambitieux.

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