Piratage : tendance baissière au Maroc

Le Maroc marque des points dans sa croisade contre le piratage. Selon le dernier rapport publié par l’association internationale de lutte contre le piratage des logiciels informatiques BSA (Business Software Alliance), ce fléau a reculé de trois points, en passant de 61% à 58% en 2002. Cette baisse s’est répercutée par une baisse du niveau de manque à gagner due à ce phénomène. En effet, si les pertes de l’industrie étaient de l’ordre de 5 millions de dollars en 2001, ce chiffre a connu une baisse sensible pour atteindre le niveau de 4,5 millions de dollars. Comparativement aux pays arabes, le Maroc a encore du chemin à faire puisqu’en Egypte, ce taux n’est de 52% et aux Emirats Arabes Unis, il ne dépasse pas 36%. Paradoxalement au niveau international, les pertes dues au piratage ont enregistré une augmentation de 19%. Elles sont passées de 10,97 milliards de dollars en 2001 à 13,08 milliards de dollars en 2002. L’analyse du cabinet International Planning and Research (IPR), qui a réalisé l’étude pour le compte du BSA, explique cette hausse par le prix élevé des logiciels et la diminution de leur consommation. Actuellement, le taux moyen mondial de piratage se situe aux alentours de 39% contre 49% en 1994. Sur un autre registre, le rapport a révélé un déclin significatif du taux de piratage informatique en Afrique et au Moyen-Orient depuis la deuxième moitié de la décennie 90. Concrètement, ce taux a baissé de 31 points en passant de 80% à 49%. Cette tendance baissière s’explique, selon les rédacteurs du rapport, par la prise de conscience du problème de piratage au sein des entreprises et des gouvernements ainsi qu’à une sensibilisation croissante au thème de la gouvernance d’entreprise dans beaucoup de pays de la région. A rappeler que la politique gouvernementale pour la lutte contre le piratage a été renforcée au Royaume depuis novembre 2000, date d’entrée en vigueur de la loi sur les droits d’auteur et droits voisins (Loi N° 2-00). D’ailleurs, grâce à ce dispositif juridique, trois procès ont été intentés récemment par des éditeurs de logiciels dont la filiale Afrique du Nord de Microsoft. L’implication du bureau marocain des droits d’auteur dans le processus du renforcement de la protection des oeuvres de musiques et de vidéo est aussi parmi les faits marquants de cette croisade anti-piratage. Un comité interministériel a été créé d’ailleurs pour le contrôle des enregistrements audiovisuels et la lutte contre le piratage. Toutefois, sous l’effet de l’évolution de l’usage de l’Internet au Maroc, de plus en plus le Net est utilisé pour mettre sur le marché et distribuer des logiciels piratés. C’est dire que la croisade ne fait que commencer sous l’effet de l’ingéniosité des pirates boostée par le réseau des réseaux.

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