Plaidoyer pour la pêche artisanale

Quelque 5.759 barques et 6.000 autres qui travaillent dans l’informel dans la seule province de Dakhla. Deux chiffres pour résumer l’importance de la filière de la pêche artisanale dans l’économie de la province. Ayant respecté une période d’arrêt biologique ces deux dernières années, avec un système de quota de moins de 400 tonnes par année, vu le niveau de réserve, des plus inquiétants, atteint dans la région, les professionnels de la filière ont fait part de leurs revendications. C’était lors d’une réunion organisée la semaine dernière à Dakhla avec le ministre des Pêches maritimes, Taieb Rhafès. Le ton était plutôt coléreux, le débat houleux. Les problèmes ne manquent pas non plus. A commencer par le manque de représentativité dont les professionnels déclarent souffrir au niveau central, Rabat s’entend. On reproche au ministère de marginaliser les associations, surtout celles issues de la province. Une classification des zones de pêche de céphalopodes s’impose, ainsi que l’ouverture d’autres points de pêche au nord de la province pour pallier la densité dont les autres points de pêche font l’objet. Le besoin d’instaurer une couverture sociale, leur garantir une assurance maladie et les munir de cartes professionnelles se fait également ressentir. A cela s’ajoute la nécessité, selon les professionnels, de subventionner les carburants au profit de la pêche artisanale, comme c’est le cas pour la pêche côtière et hauturière. Font également partie des revendications, la diversification des produits, l’activation du nouveau port de Dakhla et du Conseil de la pêche dont doit résulter la création de Conseils régionaux en plus de l’adoption d’une période bien définie de l’arrêt biologique. Les professionnels proposent la période des mois de novembre et décembre. Accélérer la sortie du code de la pêche est également un préalable incontournable à toute réforme du secteur. Les professionnels demandent à cet égard à ce que les décisions concernant les provinces aux autorités locales soient cédées aux autorités locales. Les autorisations de pêche de ne doivent être accordées qu’après l’aval du wali. Autre point abordé lors de cette rencontre : la recherche. Pour les représentants de plus d’une association professionnelle, il faut faire en sorte que le laboratoire de l’Institut national de recherche halieutique puisse avoir les moyens d’analyser les espèces au niveau local avant leur exportation. Pour l’heure, c’est le laboratoire d’Agadir qui remplit cette mission. Autre revendication, la création de banques spécialisées dans le secteur. Sans oublier la création de marchés de poisson et le renforcement de leurs rôles. Et le ministre des Pêches maritimes de préciser d’emblée que toutes les décisions contenant la pêche sont de l’unique ressort du ministre et doivent le rester. Concernant la création de banque, Rhafès a précisé que l’Agence de développement des provinces du Sud peut jouer ce rôle, le marché bancaire étant libéralisé. Accompagner les pêcheurs en matière de micro-crédits. S’agissant de la couverture sociale, Ghafès a déclaré que la CNSS a ses propres critères, qu’il faut remplir. S’agissant des villages de pêche, le ministre a déclaré que 3 points seront créés avant la fin 2003.

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