Plan anti-sècheresse: Les premières réactions des professionnels

Plan anti-sècheresse: Les premières réactions des professionnels

A bras ouverts. Voilà comment a été accueilli le «Plan global de lutte contre les effets de retard des pluies» par les agriculteurs et les opérateurs du secteur. Dans les premières réactions recueillies auprès des professionnels, on peut constater un soulagement général dans toutes les filières. Pour Saâd Soulaimani, secrétaire général de l’Association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes (Apefel), «ce plan a été pensé en faveur des petits et moyens agriculteurs et il va surtout avoir un impact positif sur les éleveurs et les céréaliers».

Pour lui, il s’agit d’une année agricole exceptionnelle en matière de faiblesse pluviométrique. «Nous avons rarement connu des conditions de production pareilles. Les eaux des barrages ont diminué et la nappe phréatique s’assèche», explique M. Soulaimani. Et de poursuivre : «je suis moi-même opérateur dans le secteur, et je peux vous garantir que le plan gouvernemental tombe à point nommé. En effet, pour nous producteurs et exportateurs de fruits et légumes cette année n’est pas très catastrophique, mais, pour les petits et moyens agriculteurs, la situation méritait un plan d’urgence».

Il s’agit donc d’un grand acquis pour les agriculteurs en cette période de faibles pluies. Un avis partagé par Nourreddine Zine, président- directeur général de Zine Développement, un groupe très présent sur le secteur agricole à travers la filiale Zine Céréales, dont l’activité principale s’articule autour de l’importation et la distribution des engrais, l’aliment de bétail et les céréales. Selon lui, «toute initiative qui peut aider et soutenir les agriculteurs en ce temps de crise reste la bienvenue». Et de poursuivre : «pour l’instant, je n’ai pas une idée sur l’opérationnalisation de ce plan, mais j’espère que les agriculteurs les plus touchés par les retards des pluies, notamment les petits producteurs de céréales, auront droit à des aides directes».

Dans le même sillage, Abderrahmane Elharda, propriétaire d’une entreprise de production d’aliments pour bétail, qui alimente Beni Mellal, Fquih Ben Saleh et Tadla,  nous confie que le plan en tant que tel est un acquis majeur pour les petits agriculteurs qui doivent se renseigner sur les moyens d’en bénéficier. «Pour moi ce plan peut sauver l’année agricole s’il est dirigé directement vers les populations les plus touchées par les retards de pluies. De même les autorités devraient accorder des indemnisations en fonction des dégâts subis. Dans cette optique, il va falloir diligenter des commissions sur le terrain pour mieux évaluer la situation, et ainsi, réagir au cas par cas», nous explique M. Elharda.

A noter que dans le cadre de la mise en œuvre du plan global de lutte contre les effets de retard des pluies, le gouvernement a dédié une enveloppe de 4,5 milliards de dirhams pour lutter contre les effets du déficit pluviométrique décliné en 3 axes d’intervention (Voir page 5). A ceci s’ajoute 1,25 milliard de dirhams de potentiel d’indemnisation au niveau de la compagnie d’assurance dans le cadre du produit multirisque climatique pour les cultures céréalières et printanières.

Les trois axes du plan global de lutte contre les effets de retard des pluies :

Protection des ressources végétales : Un gros chantier

Il s’agit, dans le second axe, de la protection des ressources végétales. Ce volet vise à assurer l’irrigation des plantations sous régime pluvial entreprise dans le cadre des projets d’agriculture solidaire avec une superficie ciblée de 93.000 hectares. Une autre mesure consiste en la sécurisation des semences en céréales pour la campagne prochaine grâce à un stock disponible actuellement de 950.000 quintaux et une production prévisionnelle de 1 million de quintaux. Pour le périmètre irrigué qui permet de protéger la valeur ajoutée agricole et les postes d’emplois en année difficile, il sera procédé à l’encadrement intensif des cultures avec la consigne claire de sauvegarder un volume d’eau suffisant pour le démarrage de la campagne agricole prochaine. Les comités mixtes de l’eau rempliront ici pleinement leur rôle pour une gestion intégrée des ressources hydriques.

Egalement, sur le plan des cultures végétales, l’assurance agricole jouera cette année un rôle important avec l’indemnisation des agriculteurs sinistrés, souscripteurs aux polices d’assurance céréalière multirisques dans les délais optimisés. L’assurance agricole a couvert cette année plus de 1 million d’hectares avec un capital garanti de plus de 1,1 milliard de dirhams. Cet axe comprend aussi des actions visant l’encouragement de la reconversion aux cultures de printemps à travers la mobilisation de l’ensemble des partenaires pour définir les programmes à mener et le concours du Crédit Agricole du Maroc qui contribuera avec 1,5 milliard de dirhams à cette opération.

Monde rural : Tout pour maintenir les équilibres

Le maintien des équilibres dans le monde rural constitue le troisième axe de l’action qui sera entreprise. La priorité sera donnée à l’approvisionnement en eau potable des populations dans les zones reculées. De même, une attention particulière sera accordée au suivi de l’exécution des projets de l’agriculture solidaire pour tout ce qu’ils représentent comme enjeux en termes de création de revenus et d’emplois.

Sauvegarde du cheptel : De l’orge pour 2 DH/kg


Le premier axe vise la sauvegarde du cheptel avec l’approvisionnement en orge sur tout le territoire national, à un prix cible de 2 DH/kg. La distribution se fera à guichets ouverts via 72 centres relais de proximité. L’Etat prendra également en charge le transport de l’orge subventionné depuis les centres relais.

Ainsi, le Système national d’identification et de traçabilité animales (boucles électroniques), récemment mis en place par le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, appuiera la réussite de cette opération à travers un ciblage des éleveurs bovins. D’autres actions sont au programme pour la sauvegarde du cheptel dont l’abreuvement via l’aménagement et la construction de points d’eau ainsi que l’encadrement sanitaire du cheptel grâce au programme additionnel de vaccination, la vulnérabilité du cheptel s’accroissant en période de sécheresse.

 

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