Plan Azur : Du retard dans l’air

Plan Azur : Du retard dans l’air

Le Plan Azur avance bien. Mais si quatre stations sur six ont déjà trouvé un aménageur (un succès indéniable) la deuxième phase, quant à elle, le démarrage des travaux d’aménagements et l’attribution des lots aux investisseurs, semble une autre paire de manches. Tête de pont de l’aménagement de Mogador, une station de 400 hectares prévue accueillir à terme 8 700 lits, dans le sud d’Essaouira, le groupe Thomas Piron traîne encore des pieds pour commencer les travaux. Le démarrage des chantiers, prévu initialement pour le mois de mars, sera retardé jusqu’en juin 2005. Un report ni confirmé ni infirmé par le département des Aménagements touristiques. En clair, les travaux avancent comme prévue, indique-t-on dans ce département.
Des raisons liées, indique-t-on de part et d’autre dans les milieux proches de ce consortium où l’on retrouve Orco et Risma, par des différences sur l’approche. Les mauvaises langues font état de problèmes plus profonds. Le retard pris permettra aux futurs investisseurs de bénéficier des fonds azurs annoncés par les banques durant les dernières Assises du Tourisme tenues à Ouarzazate. Mais des trois banques engagées, seule Attijariwafa bank a concrétisé son engagement. Du coup, en l’absence de ces maillons indispensables, ce sont tous les projets qui semblent avoir pris du retard.
Si Mogador accuse un retard sur ses prévisions, la station de Sâaïda à Berkane a pris de l’avance, avec des travaux d’aménagement bouclés à temps. Ici, des rencontres quasi hebdomadaires réunissent les responsables de Fadesa et les autorités locales. «Le premier dossier pour la construction d’un hôtel de 5 étoiles avec un golf de 18 trous vient d’être déposé. Le classement provisoire de ce complexe tombera vers le 10 du mois courant», indique un fonctionnaire du ministère du Tourisme. Pour rappel, le groupe espagnol Fadesa s’est engagé à ouvrir une première tranche des 28.000 lits prévus sur cette station, dès la fin 2006. En attendant, les projets du groupe sur l’immobilier sont déjà très avancés. «En fait, dans ces différentes stations, partagées entre des investissements dans l’immobilier et d’autres à caractère touristique, la dualité penche souvent sur le premier aspect, plus facile à commercialiser».
La preuve en est , les différents aménageurs ont déjà mis au point des appartements témoins destinés aux habitations.
Pour Larache à Lixus (zone de Tanger) un responsable du consortium belgo-hollandais déclare que les travaux évoluent dans les temps, tout en croyant nécessaire de préciser qu’il est difficile de fixer les délais nécessaires aux différentes études et analyses.
La réponse et l’intérêt des investisseurs pour les lots aménagés et destinés à accueillir des projets touristiques dépend en grande partie de l’accès au financement bancaire, indique un membre du CRt de Tanger. Le premier lot des 12 000 lits prévus dans la région sera livré à la fin 2007.
Egalement dans la course, le Sud-africain Kerzner International, aménageur désigné de la station de Mzagan (El Jadida) livrera d’ici deux ans un premier lot des 8000 lits et du centre aquatique prévu dans une région où les investisseurs touristiques ne se bousculent pas au portillon, à l’image du CMKD, qui a préféré Agadir pour l’emplacement de son futur projet touristique.
D’ailleurs, Kerzner est régulièrement cité dans la liste des groupes intéressés par l’aménagement de Taghazout (Agadir). Pour les différentes phases de l’attribution de cette station et le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt, la direction des aménagements et des investissements touristiques s’est attaché les servies de trois cabinets marocains.
Des précautions prématurées pour la Plage Blanche (près de Guelmin) plus que jamais boudée par les investisseurs.

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