PLF 2018 : La recette du gouvernement El Othmani

PLF 2018 :  La recette du  gouvernement  El Othmani

Les ressources accordées aux secteurs sociaux en nette progression et un effort supplémentaire dans l’investissement

Un budget orienté secteurs sociaux et investissement. C’est l’une des principales particularitées du projet de loi de Finances 2018 (PLF), le premier à proprement parler du gouvernement de Saâd Eddine El Othmani. Dans ce sens, l’Exécutif a voulu faire un effort supplémentaire dans les domaines de l’emploi, de la santé et de l’éducation. Deux secteurs où l’équipe gouvernementale actuelle est particulièrement attendue. Plus concrètement, le PLF 2018 table sur la création de 19.000 postes d’emploi. Ce n’est pas tout. Pas moins de 20.000 autres postes par contrats sont également annoncés dans le secteur de l’enseignement. Alors que le Maroc est engagé dans un processus de réforme de son secteur éducatif, le gouvernement a voulu accompagner ce chantier stratégique à travers une enveloppe budgétaire conséquente qui s’élèvera à 59,2 milliards de dirhams (MMDH), soit une hausse de 5 MMDH en comparaison avec l’exercice budgétaire en cours.

Le secteur de la santé n’est pas en reste puisque l’Exécutif y a consacré 14,79 MMDH. Plus de 4.000 postes d’emploi seront également affectés à la santé. Le projet de budget revêt également un aspect important relatif à la lutte contre les disparités territoriales destiné au milieu rural. L’argentier du Royaume, Mohamed Boussaid, a fait savoir dans ce sens que les crédits de paiement seront de l’ordre de 3,54 MMDH, alors que les crédits d’engagement s’élèveront à 4 MMDH. Une autre nouveauté dans le projet de loi de Finances concerne cette fois-ci l’élargissement de la base des bénéficiaires de la caisse de cohésion familiale. Ainsi et même en cas de décès de la maman, les enfants continueront d’en bénéficier. S’agissant des investissements publics, le gouvernement a choisi d’effectuer une rallonge budgétaire supplémentaire de l’ordre de 5 MMDH pour l’année prochaine. Autrement, le budget accordé à l’investissement public passe à près de 195 MMDH. Des mesures sont également prévues pour doper l’investissement privé générateur de postes d’emploi. M. Boussaid vient d’annoncer le recours pour la première fois au tableau progressif en matière d’impôt sur les société (IS). Ce dispositif devrait ainsi permettre d’alimenter les capacités monétaires des Petites et moyennes entreprises (PME).

Il sera également question de promouvoir l’emploi des jeunes dans la limite de 10.000 DH pour chaque 10 salariés au lieu de 5 salariés actuellement, en plus de leur exonération de l’impôt sur le revenu (IR). Le PLF 2018 aura par ailleurs une dimension régionale pour la poursuite de la mise en œuvre du chantier stratégique de la régionalisation. Le gouvernement compte, dès 2018 et en vertu du nouveau projet de loi de Finances, procéder à l’augmentation de l’IS et l’IR des régions de 3 à 4%, qui s’ajoutent aux crédits du budget général.

Le montant total du soutien accordé aux régions passera dès lors à 7 milliards de dirhams. A noter que le projet de loi de Finances a été adopté en Conseil de gouvernement mardi dernier. Le ministre de l’économie et des finances devra le présenter dans quelques jours devant les membres du Parlement. Une présentation synonyme du démarrage du débat parlementaire et de la réflexion sur les principaux amendements des représentants de la Nation.

PLF : Principaux indicateurs macro

Le projet de loi de Finances (PLF) 2018 table sur un taux de croissance de 3,2% et prévoit de contenir le déficit budgétaire à 3%. Selon le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid, le PLF 2018 intervient dans un contexte marqué par une amélioration du niveau du taux de croissance qui a atteint 4,6% en 2017, de la valeur ajoutée des secteurs agricoles (en hausse de 16,1% par rapport à 2016) et de la croissance des secteurs non agricoles (3,2%).

Dans un autre registre, le ministère des Finances table sur des recettes budgétaires courantes de 236,81 MMDH, en hausse de 10,25 MMDH, tandis que les dépenses courantes atteindront 215,83 MMDH, dont 108,85 MMDH réservés aux fonctionnaires, outre des dépenses de compensation dans la limite de 13,72 MMDH. A noter que les grandes orientations du projet de la loi de Finances se basent sur quatre éléments essentiels, à savoir le soutien aux secteurs sociaux (santé, éducation, emploi, lutte contre les disparités territoriales avec un appui particulier au secteur de l’éducation dans les zones rurales) et à l’industrialisation, la poursuite des efforts de soutien aux investissements publics et privés et des Moyennes et petites entreprises, la poursuite de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la réforme de l’administration et de la gouvernance, ainsi que l’accélération du processus des réformes.

Projet de budget et dialogue social

Le débat sur le projet de loi de Finances 2018 arrive quelques jours seulement après le lancement du premier round du dialogue social. Entre-temps, le chef de gouvernement s’est réuni une deuxième fois avec les secrétaires généraux des centrales syndicales, à savoir l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération du travail au Maroc (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). Ces derniers revendiquent pratiquement tous une hausse générale des salaires. Cependant, la marge de manœuvre du gouvernement El Othmani paraît limitée sur ce plan. Il faut dire que la masse salariale dans la fonction publique ne cesse d’augmenter d’année en année. C’est le cas également dans le projet de loi de Finances 2018 qui prévoit un budget de plus de 108 milliards de dirhams pour le paiement des salaires au titre de l’exercice budgétaire de l’année prochaine. Les syndicats exigent également une baisse de l’impôt sur les revenus mais les observateurs remettent en cause son utilité affirmant que l’impact d’une telle mesure ne sera que minime pour de nombreux salariés et fonctionnaires.

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