Plus de place à la démagogie

En tant qu’opérateur économique, quelles sont vos aspirations quant aux prochaines élections législatives ?
Jalil Benabbès Taârji : En tant que tel, j’espère que les futurs parlementaires assurent convenablement les missions qui leur sont assignées.
Les représentants de la nation doivent également abandonner l’esprit démagogue dont ils sont imprégnés. Je dis cela parce que j’estime que les parlementaires ont failli à leur devoir dans la mesure où ils n’ont pas pris l’initiative de faire avancer plusieurs dossiers d’une importance capitale. A ce propos, l’exemple du code du travail est édifiant. La responsabilité incombe aussi au gouvernement qui a manifestement manqué de courage politique. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que l’essentiel de l’électorat n’est pas issu du secteur productif. Du moins, si l’on en juge par les récents sondages. Le risque, c’est que les attentes des opérateurs économiques ne soient pas prises en compte par le prochain exécutif. Le moment est venu pour amorcer une rupture dans la gestion des affaires économiques. A condition de mettre fin au populisme et à la démagogie.
Pensez-vous que la relance de l’économie constituera la priorité du prochain exécutif ?
Il est difficile de répondre à cette question dans la mesure où on ne connaît pas la nature du prochain exécutif. Je tiens à rappeler ici que la relance de l’économie constitue la priorité du Chef de l’Etat. Reste maintenant à savoir, si ce souci sera pris réellement en compte par la nouvelle équipe qui va accéder au pouvoir.
Justement, quelles sont à votre avis les mesures urgentes qu’il faut prendre pour redonner un nouveau souffle à l’économie ?
Je pense avant tout à la réalisation des dispositions prévues dans le cadre des contrats-programmes. Il ne suffit pas de signer des contrats, encore faut-il veiller à leur concrétisation sur le terrain. En disant cela, je fais allusion au contrat-programme relatif à l’industrie touristique. La concrétisation du contrat n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière.
Les autres contrats-programmes en pipe notamment celui des nouvelles technologies de l’information et de la communication doivent être finalisés le plus rapidement possible.
Quel regard portez-vous sur le bilan économique du gouvernement Youssoufi ?
Je partage le bilan de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc dont je fais partie. Si le pays a réalisé une avancée démocratique indiscutable, c’est le bilan économique qui est inquiétant. On nous communique des chiffres sur le déficit public, alors qu’on sait pertinemment que cela ne correspond pas à la réalité des choses. Même la réduction de la dette extérieure a été réalisée au détriment de la dette intérieurs qui a explosé.

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