Port de pêche : Ne plus noyer le poisson

Port de pêche : Ne plus noyer le poisson

Enfin une solution en vue pour le port de Casablanca, devenu au fil des ans une véritable foire. Un souk mouvant avec des personnes n’ayant rien à voir avec la vente en gros de poissons, des ménagères, des marchands ambulants, de vendeurs au détail et de gargotiers.
Pour remédier à cette situation et pour améliorer les conditions de salubrité et d’hygiène dans ce port, l’Office national des pêches est en train d’apporter les derniers détails à un plan de désengagement du site. Il s’agit de séparer les différents niveaux de commercialisation du poisson, à savoir la halle le marché de gros et les marchés au détail. Le programme vise à ne garder comme activité commerciale dans la halle du port que la vente de poissons débarqués par les bateaux locaux. La seconde catégorie, à savoir la vente du poisson ayant déjà fait l’objet d’une première vente dans un autre port, soit 50% du volume des transactions réalisées à Casablanca, sera délocalisée vers le marché de gros de Sidi Othmane, tout près des nouveaux abattoirs.
La vente au détail, principal responsable de l’affluence des ménages, sera aussi délocalisés vers ces nouvelles installations.
Au final, il ne restera au port de pêche de Casablanca que les activités professionnelles. La mise à niveau de la halle actuelle et la réservation de l’accès au port de pêche aux seuls opérateurs ayant un lien direct avec la vente en gros du poisson sera accompagnée par une interdiction de la vente de poisson au détail au port de pêche et par un renforcement des contrôles vétérinaires.
Rappelons que les installations d’accueils, appelées désormais à se transformer en marché de gros pour le poisson, étaient prévues initialement pour accueillir la viande blanche. Cette vocation première a été abandonnée, suite à un avis technique jugeant celle-ci incompatible avec la viande rouge. L’Office national des pêches, directeur du programme, hérite donc d’un projet réalisé à hauteur de 50%. L’élaboration d’une convention- cadre afférente est en cours entre le ministère de l’Intérieur, le ministère des Pêches maritimes, et le ministère des Finances d’une part, la Direction générale des collectivités locales et l’Office national des pêches d’autre part.
Cette convention est actuellement en cours de négociation avant la validation par le Conseil de la ville.
Actuellement en aménagement, le marché de Sidi Othmane sera à même de recevoir le poisson acheminé par les mareyeurs et qui a fait l’objet d’une première vente dans d’autres ports.
De plus, la situation géographique du marché permettra, selon les initiateurs du projet, d’éviter l’afflux de camions en plein centre-ville et donc de réduire les nuisances et les impacts négatifs sur l’environnement. Le marché comprendra un espace aménagé selon les normes internationales pour le conditionnement des produits de la mer destinés à l’export. A terme, Sidi Othmane constituera une plate-forme régionale de distribution du poisson ainsi qu’une bourse à l’export pour les produits de la mer.
Le projet n’a rien à voir, tient-on à préciser à l’ONP, avec les prochaines inspections des vétérinaires de l’Union européenne, qui sont attendus au Maroc à partir du 20 juin. «Il s’agit d’un programme structurant et qui permet de régler plusieurs problèmes en même temps», déclare Majid El Ghaïb, directeur général de l’ONP.
Les places libérées par le marché de détail iront par exemple aux unités de conditionnement des exportations, lesquelles sont souvent situées dans des zones ne répondant pas aux conditions en vigueur pour l’obtention de l’agrément indispensable pour exporter les produits de mer.
Parallélement, la construction par le Conseil de la ville d’un réseau de marchés au détail (un marché par préfecture) renforcera le processus de délocalisation des détaillants opérant actuellement au port de Casablanca. Les marchands ambulants bénéficieront d’un encadrement technique-financier de l’ONP, de l’ordre de 2 millions de dirhams (sur un total de 10 millions),  leur permettant de s’équiper de moyens de transport hygiéniques.
De son côté l’Agence de développement social, à travers une convention signée avec l’Office, appuiera le financement du projet par le biais de l’octroi d’avances remboursables aux marchands ambulants à hauteur de 1,3 million de dirhams.
D’autres associations comme la Fondation Banque Populaire, Planet Finance, Al Amana ont déjà montré leurs dispositions pour ce projet structurant. Environ 38 millions de dirhams dont 19 millions apportés par l’ONP, seront nécessaires pour le marché de gros de Sidi Othmane. Les neuf marchés de détails coûteront 18 millions de dirhams au Conseil de la ville.

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