Potentiel de diversification de l’économie : La recette de Lahlimi

Potentiel de diversification de l’économie : La recette de Lahlimi

Les produits à haut contenu technologique ne constituent pas exclusivement une option prioritaire pour valoriser le potentiel dont dispose l’économie marocaine en termes de diversification et de sophistication.

Au-delà du potentiel de diversification de l’économie marocaine qui se chiffre à 90%, le reliquat de celui-ci est à rechercher dans de nouveaux produits. Ceux-ci sont, selon une étude présentée mardi à Rabat par Ahmed Lahlimi Alami, au nombre de 180. Ce reste serait de moyenne et haute technologie avec le tiers, soit 66 produits, à concrétiser dans le long terme. Pour mieux exploiter l’ensemble de ce potentiel, le haut-commissaire au Plan propose une recette.

Diversifier les produits et les exportations

«Il faut diversifier la liste des produits et nos exportations», estime M. Lahlimi. Cette diversification serait, à ses yeux, à même de valoriser des secteurs, voire des acteurs notamment les ressources humaines. Cela étant, la diversification des produits est corrélée à celles des exportations. Globalement, le Maroc est parvenu à stabiliser peu de ses exportations, soit 8% du total des produits classés, sans pouvoir intégrer plus de produits dans son champ de performance à l’exportation. Cependant, les exportations marocaines sont toujours dominées par les matières brutes, les produits primaires et les produits à faible contenu technologique à hauteur de 66% du total des exportations.

De plus, les produits stables, où le Maroc a pu préserver ses avantages comparatifs, sont à 88% composés de matières brutes et de produits primaires et à faible contenu technologique. De même, l’amélioration des avantages comparatifs liée aux produits en transition, a été réalisée également à 94% dans la sphère des mêmes catégories de produits. Pour procéder à cette analyse, le HCP a, selon M. Lahlimi, eu recours à une approche assez pointue basée sur deux concepts.

De l’espace-produit, des «capabilités» et de la complexité

Cette approche est développée par des chercheurs de l’Université de Harvard dans une étude récente sur les transformations structurelles des économies. A cet égard, le HCP se réfère aux deux concepts utilisés dans cette approche, celui de l’espace-produit et celui de la complexité. Comme le précise M. Lahlimi, ces chercheurs ont analysé tous les produits visibles sur le marché mondial selon leur diversité. Ils ont trouvé que les pays qui ont des produits avec un contenu élevé et un indice de «capabilités» important sont classés selon un indice de complexité. «En d’autres termes, plus les économies produisent et enferment ces «capabilités», plus elles sont elles-mêmes complexes», explicite-t-il. Pour M. Lahlimi, l’exploitation de cette approche permettra de détecter les secteurs où un potentiel est à saisir et la stratégie opérationnelle dans ce sens. «Ces travaux ne peuvent être intéressants que s’ils donnent lieu à un débat», conclut-il.

L’agriculture et l’industrie sont à exploiter

Comme le révèle l’étude du HCP, les produits à haut contenu technologique ne constituent pas exclusivement une option prioritaire pour valoriser le potentiel dont dispose l’économie marocaine en termes de diversification et de sophistication. Ce sont plutôt les produits de l’agriculture, de la pêche, des industries alimentaires et du textile et cuir, malgré leur faible niveau de complexité, qui offrent à l’économie marocaine un gain d’opportunité de diversification et de sophistication beaucoup plus important que les produits de haute complexité. A méditer.

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