Poulpe : Le repos biologique prolongé

Poulpe : Le repos biologique prolongé

«La prochaine campagne de pêche ne commencera probablement que vers la fin du mois de juin ». Les propos sont ceux du tout nouveau secrétaire général du ministère de tutelle confirmant une information qui circulait dans les milieux de la pêche depuis quelques jours déjà. En effet, à l’occasion d’une réunion tenue avec les armateurs, Abdellatif Berrahou, directeur de l’Institut national des recherches halieutiques (INRH), avait recommandé le prolongement de la période de repos biologique en raison de l’état de la ressource, en poulpe notamment qui se trouve actuellement en état de ponte.
L’INRH soutient donc qu’il serait suicidaire de permettre aux bateaux de pêche de reprendre le chemin de la mer, la ressource étant en pleine reproduction. Et se basant sur le rapport de l’institut de recherche halieutique que le département gouvernemental de tutelle a décidé de reporter le début de la prochaine campagne de pêche tant attendue à la fois par les armateurs et les marins pêcheurs qui, signalons-le, se trouvent en chômage durant toute la période de repos biologique. A signaler que cette date initiale a été fixée au 12 juin.
Une date a été ainsi recommandée par l’INRH, celle du 15 juillet prochain. Mais elle demeure très improbable, apprend-on auprès du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes. Ce serait vraisemblablement vers la fin du mois de juin courant. Et pourtant, le ministre lui-même avait, il y a de cela quelques jours, en réponse à une question orale de la Chambre des Représentants, assuré que l’état de la ressource était satisfaisant et permettait une reprise de l’activité de pêche.
En attendant donc la fixation d’une nouvelle date pour cette reprise (ce sera vers le début de la semaine prochaine, assure-t-on au ministère), les bateaux hauturiers se trouvent toujours à quai. Cela n’arrange certainement pas les affaires des armateurs qui attendaient le début de la présente campagne avec impatience.
«Nous ne sommes pas à quelque quinze jours près, affirme Omar Akkouri, président de l’Association des entreprises de pêche hauturière, qui ajoute que « le secteur se trouve dans une mauvaise impasse. Attendre que la ressource termine sa reproduction ne pourrait pas faire du bien ». Mais du côté du syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière, ce retard dans la reprise de l’activité de pêche pénalise lourdement la main-d’œuvre travaillant dans le secteur, essentiellement les marins pêcheurs qui seront acculés à une période de repos non rémunérée pendant une quinzaine de jours supplémentaires.
« C’est inacceptable ! », note son secrétaire général, Abderrahmane El Yazidi. « Ceci est une preuve que le secteur navigue toujours à vue. Il n’y a pas de vision à long terme et les décisions, beaucoup plus politique qu’autre chose, ne vont pas dans le sens de l’amélioration des conditions du secteur», conclut-il.

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