Pour combler les lacunes financières de l’inégalité entre les sexes

Pour combler les lacunes financières de l’inégalité entre les sexes

Stratégie d’institutionnalisation de l’intégration du genre dans le secteur de l’eau

«L’inégalité coûte cher, voire très cher. C’est en effet un manque à gagner de près de 28 trillions de dollars pour 95 pays à l’horizon 2025. Au Maroc le manque à gagner pour la seule année 2015 était de 47% des revenus par habitant».

Déjà, l’élaboration de cette stratégie constituait, comme l’indique Charafat Afilal, vendredi dernier à Rabat, «un défi». Ce challenge s’explique, selon la secrétaire d’Etat chargée de l’eau, par les contraintes qui peuvent se poser pour l’intégration du genre. Quand même, cette stratégie voit le jour et elle s’articule autour d’axes majeurs.

Les 4 axes de la stratégie

Le premier concerne le développement d’une capacité institutionnelle pérenne pour assurer l’ancrage de l’égalité de genre  dans le secteur de l’eau. Le 2ème étant l’intégration de l’approche genre dans la gestion des ressources humaines et le renforcement de l’égalité des chances pour l’accès des femmes aux postes de responsabilité. Quant aux 3ème et 4ème  axes, ils concernent respectivement l’intégration de l’égalité du genre dans les métiers de l’eau et de l’approche genre dans les programmes réalisés par le secrétariat d’Etat chargé de l’eau (SEE) et les Agences de bassin hydraulique (ABH) et dans ceux réalisés dans le cadre de partenariat avec les autres intervenants dans le domaine de l’eau. Pour la mise en œuvre de cette stratégie, un programme a été tracé pour le moyen terme (2017-2020).

Retombées de la stratégie

«La réalisation des projets identifiés dans le cadre de ce programme permettra de consolider les impacts positifs enregistrés en termes d’intégration du genre dans les métiers de l’eau et en matière d’accès aux postes de responsabilité au SEE et aux ABH, ainsi qu’en matière de gendérisation de quelques projets du SEE permettant des effets bénéfiques pour les populations hommes-femmes, garçons-filles», précise Mme Afilal. Dans ce sens, elle conduit l’exemple des projets d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural. Aussi, ces projets auront d’autres impacts et effets positifs qui seront visibilisés à travers l’intégration de l’analyse genre dans les projets structurels du SEE tels les barrages, la protection contre les inondations, les prévisions météorologiques, la mobilisation et la protection des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles. Ceci étant, la secrétaire d’Etat chargée de l’eau ne manque pas de louer les efforts déployés par l’ONU femmes en faveur de cette stratégie.

Le constat alarmant de Leila Rhiwi

La représentante de l’ONU- Femmes Bureau multi-pays pour le Maghreb, elle, se soucie de l’égalité entre les sexes. La prise en compte de celle-ci répond, à ses yeux, à trois obligations auxquelles le Maroc fait face. Il s’agit de l’impératif normatif et légal, de celui politique outre l’obligation économique qui demeure plus importante. «L’inégalité coûte cher, voire très cher. C’est en effet un manque à gagner de près de 28 trillions de dollars pour 95 pays à l’horizon 2025. Au Maroc le manque à gagner pour la seule année 2015 était de 47% des revenus par habitant. Cumulées par année, ce sont autant de sources de revenus auxquelles le Maroc renonce», précise Mme Rhiwi. La représentante de l’ONU-Femmes estime que les femmes sont les premières utilisatrices de l’eau dans les foyers, non seulement dans le monde mais également au Maroc. «Chargées des corvées d’eau, de la préparation des repas, de l’entretien du foyer, les femmes sont donc les premières gestionnaires des ressources en eau», poursuit-elle. D’où l’intérêt de cette stratégie qui leur est dédiée.

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