Pour l’ouverture des jeux en ligne

L’ouverture à la concurrence des jeux en ligne serait bénéfique aux consommateurs et à l’Etat français, selon une étude commandée par les principaux opérateurs européens de jeux et de paris sur internet, présentée à Paris mercredi. Ce rapport, rédigé par Jean-Jacques Rosa, professeur à Sciences-Po Paris, à la demande de l’EGBA (European Gaming and Betting Association), a été publié à la veille de propositions de la France sur l’ouverture de son marché à la concurrence, sous la pression de l’Europe. L’EGBA compte parmi ses membres les sociétés Bet-at-home.com, bwin, Carmen Media Group, Digibet ou Unibet. Lors de la présentation de l’étude, la secrétaire générale de l’EGBA, Sigrid Ligné, a fait état de «l’urgence à mettre fin à la situation intolérable» des chefs d’entreprises de jeux en ligne, poursuivis en France pour infraction à la législation sur les jeux. La France interdit en effet l’accès de son marché des jeux aux opérateurs européens, dans le cadre d’un monopole concédé à deux opérateurs, Française des Jeux et PMU, et aux quelque 200 casinos français sous surveillance étroite de la police des jeux. Sommée en 2007 par la Commission européenne d’ouvrir son marché aux paris en ligne, la France s’est engagée à donner une réponse à la Commission avant la fin du mois de mars. Selon M. Rosa, le marché des jeux en ligne a connu «une forte croissance» en Europe avec le développement d’internet. Pour autant, a-t-il ajouté, les parts de marché des jeux en ligne «restent modestes»: 6% du volume des jeux d’argent en Grande-Bretagne et, «à moyen terme», 5% pour l’Europe. Cet économiste n’a pas donné de chiffre précis. Selon Graham Wood, consultant en jeux d’argent interrogé par l’AFP, le marché des jeux en ligne a dépassé les 4 milliards d’euros en 2006 en Europe. En 2006, le PMU a enregistré 400 millions d’euros pour les paris hippiques en ligne (5% de son chiffre d’affaires de 8,1 milliards d’euros). La Française des Jeux a perçu 10 millions d’euros pour les paris en ligne sur les rencontres sportives (0,1% de son chiffre d’affaires de 9,5 milliards d’euros). Jean-Jacques Rosa a par ailleurs relevé le coût plus élevé des jeux pour les consommateurs français. Il a expliqué que le taux de retour aux joueurs (TRJ, sommes redistribuées aux joueurs après les prélèvements de frais de fonctionnement et de taxes) était de 72% pour le PMU en 2005 alors que le TRJ est de 97% pour les jeux en ligne. Selon M. Rosa, l’ouverture du marché des jeux en ligne apporterait donc aux joueurs français de nouveaux jeux «à des prix compétitifs» et permettrait à la concurrence de développer le chiffre d’affaires du secteur et, partant, d’augmenter les recettes fiscales de l’Etat.
Début février, deux députés UMP ont mis en garde dans un rapport d’information contre une libéralisation européenne totale des jeux d’argent sur internet. «Autour des jeux s’organise tout un monde de délinquance avec blanchiment d’argent, trucages de paris, fraudes, addiction des joueurs», a ainsi relevé Emile Blessig, député du Bas-Rhin, citant des cas «d’agression électronique», avec racket de sites sous la menace d’introduction de virus. Selon M. Blessig, «70% des joueurs sur internet sont des joueurs au profil fragile».

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