Pour que le Détroit ne soit plus une tombe

Pour que le Détroit ne soit plus une tombe

Jeudi 20 janvier 2005, à l’issue du voyage officiel du Roi Juan Carlos au Maroc, Madrid a annoncé une démarche conjointe auprès de l’Union Européenne pour solliciter le financement de la construction de la liaison fixe entre les deux pays. Une annonce qui n’est pas sans rappeler d’autres. Mais cette fois-ci, l’on semble beaucoup plus avancé, indique-t-on de part et d’autre, bien que dans le fond, rien ne permet de distinguer le communiqué récent de ceux qui l’ont précédé.
En décembre 2003, à l’occasion d’une autre visite d’Etat, celle de l’ancien Premier ministre, José Maria Aznar, à Marrakech, il était aussi question de solliciter l’aide de l’Union Européenne. Mais ni dans les premiers, ni dans les derniers communiqués, une échéance claire n’est fixée.
L’Espagne s’est toutefois engagée à inscrire le projet dans son Plan stratégique des infrastructures prévues pour les années 2005-2020. De plus, les deux ministres concernés, devront se rendre dans la zone prévue pour l’entrée de ce tunnel dès le mois de mai prochain.
Rappelons que lors de sa réunion, le 2 décembre 2003 à Madrid, le Comité mixte avait approuvé le plan d’action pour la période 2004/2006. En tout, 84 % des 27 millions d’euros, nécessaires pour la réalisation des études de viabilité de ce projet, devaient être financés à parts égales (50%) entre la partie marocaine, la Société nationale des études du détroit « SNED » et la partie espagnole, la Société nationale de la communication fixe « SEGSA ».
Au delà de ces engagements officiels, quel chemin parcouru par ce projet de tunnel ? Les choses avancent, tient-on à rassurer au département de l’Equipement et des Transports. «C’est un projet qui nécessite beaucoup d’études, vu son importance et son budget», argue-t-on, en insistant sur l’existence d’un groupe de travail qui suit les évolutions des différentes phases.
Une commission mixte entre les deux pays se réunit aussi régulièrement pour faire le point sur l’état d’avancement du projet. Les membres de cette commission se sont vus plus de 35 fois depuis la mise en place du projet de liaison fixe en 1980, avec des conclusions évoluant au grès des relations politiques entre les deux pays.
Si l’on sait que ce tunnel devra relier les deux pays par une double voie ferroviaire et une galerie de service de 38,7 km dont 27,7 km sous la Méditerranée, à une profondeur de 400 mètres, rien n’est encore définitif en ce qui concerne le montage financier. Les officiels qui suivent le dossier préfèrent attendre les conclusions des différentes études, cela bien que les premières estimations fassent état d’un coût des travaux de milliards de dirhams. Reste à savoir si, à l’heure où en France et en Angleterre, la non-rentabilité du tunnel sous la Manche fait polémique, ce projet maroco-espagnol est rentable.
En tout cas, du point de vue logistique, la liaison fixe rendra plus commode le transit des personnes et des marchandises par voie terrestre. Plus que la rentabilité, la construction de ce tunnel est d’abord un problème à caractère humain, soulignent les observateurs, en faisant allusion au drame de l’immigration clandestine. Le tunnel sera composé de trois galeries dont deux principales et une centrale auxiliaire et devra relier Punta Malabata (Tanger) à Punta Palomas (Tarifa).

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