Privatisation ou désengagement

L’Etat continue son désengagement économique. Puisque même les établissements censés procurer des dividendes aux trésors sont demandeurs de fonds. En effet, selon une étude récemment réalisée par le centre marocain de conjoncture, les entreprises étatiques les plus rentables sont privatisées ou en phase de l’être. Entamé, depuis 1993, le processus de privatisation a touché à fin juin 2001 quelque 65 entreprises publiques dont 28 hôtels à fin décembre 1998,56 unités avaient été privatisées sur 112 prévues initialement. Mais depuis cette date, le processus avait connu une pause visant une révision à la fois la liste des sociétés privatisables que du timing des privatisations .
En effet, sur les trois dernières années, le Maroc n’a connu que 8 privatisations autres que IAM qui n’ont rapporté que 310 millions de DH. Alors que la loi de Finances 1999-2000 avait prévu une recette de 3,5 milliards de DH avec l’ouverture du capital, de la BCP, la BNDE, les sucreries et la Royale Air Maroc, mais aucune de ces opérations ne s’est réalisée à ce jour. Toutefois, pour 2002, le projet de loi de Finances table sur une recette de privatisation de 12,5 milliards de DH avec la vente partielle de la Régie des tabacs et la cession d’une partie du capital de la BCP.
L’introduction de 15 % du capital de Maroc Télécom en bourse et la privatisation de la SOMACA et de la SONIR. Il serait difficile de se prononcer sur ce que peuvent être les recettes réelles de ces opérations d’autant plus que ni les modalités de cession ni les montages financiers ne sont encore connus. Par ailleurs il faut signaler que le pourcentage du capital à céder par l’Etat dans la Régie des tabacs, la BCP n’est toujours pas mentionnée. La privatisation de la Régie des tabacs s’inscrit dans le cadre général de la libéralisation de ce secteur. Auparavant, on doit mentionner l’importance de la contribution de l’entreprise aux recettes de l’Etat qui s’élèvent a 5,4 millions de DH en 2000 pour la taxe de monopole et 53 millions de DH pour les vignettes.
D’autre part un cabinet d’étude externe est déjà en train d’établir une évaluation préliminaire sur le montage financier. Qui semble pencher en faveur d’une cession au profit des banques régionales qui garderaient, avec l’Etat, 50% du capital.
Le reliquat serait cédé soit en bourse (OPV), soit directement à des partenaires dont la part au capital ne peut dépasser 5% pour permettre au groupe BP de garder son caractère mutualiste.
Parallèlement, la privatisation de la SOMACA est certainement envisagée dans le cadre de la stratégie de développement du secteur automobile au Maroc. Mais la question qui restera toujours d’actualité est-ce que l’Etat respectera ses délais ?

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