Prix du pétrole : Des causes et des effets

Avec la conjonction de plusieurs facteurs, les cours du pétrole ont enregistré ces derniers temps des flambées historiques. Du côté des analystes financiers, les inquiétudes furent telles, qu’un éventuel troisième choc pétrolier a été évoqué et reste une hypothèse non-exclue. Mais, après l’annonce d’une hausse des stocks hebdomadaires américains de brut, les cours du pétrole viennent de fléchir récemment, s’établissant actuellement autour des 40 dollars. A cela s’ajoute le décès de Yasser Arafat, qui a été perçu comme un événement apaisant dans les grands milieux de la finance et également conduit à cet affaissement. Mais de toute évidence, les hausses qu’a connues le second semestre 2004 ne seront pas sans répercussions sur la croissance économique mondiale. Et il n’y a pas de raison pour que le Maroc fasse exception. C’est, entre autres, ce qui ressort d’une étude de la BMCE Markets, filiale du groupe bancaire marocain. Intitulé : «L’or noir : véritable boîte de Pandore», ce document se focalise sur les facteurs ayant alimenté la flambée des prix du pétrole, tout en analysant l’impact qu’ils pourraient avoir sur les différents marchés financiers internationaux.
S’agissant des facteurs ayant conduit à cette situation, l’étude en question parle de facteurs endogènes (boom de la demande mondiale, capacités résiduelles de l’Opep limitées, sous-capacités de raffinage, stocks américains à de bas niveaux…), mais aussi exogènes. Ces derniers restent même les plus présents auprès de l’opinion publique. Il y a d’abord la baisse remarquée des cours du dollar, puis des grèves au Nigeria et en Norvège, mais aussi différentes tensions géopolitiques, comme la déconfiture du géant pétrolier russe Ioukos, les attentats terroristes visant des étrangers en Arabie saoudite et surtout le conflit armé en Irak qui s’est aggravé (amplification des prises d’otages et des raids américains). Que d’événements qui ont conduit à cette hausse spectaculaire des cours de l’or noir, que ni l’Opep ni le FMI n’ont pu stopper.
Dès lors, pourrait-on envisager une (troisième) crise pétrolière ? Telle est la question qui préoccupe de nombreux économistes. Mais ces derniers ne sont apparemment pas si pessimistes. Cela, même si l’on sait que les variations du prix du pétrole entraînent un ralentissement économique en induisant une progression des coûts de production, des tensions inflationnistes et une baisse non négligeable du pouvoir d’achat. En fait, la conjoncture économico-politique actuelle ne ressemble, à celle des années 73 et 79, ou encore à celle de 90. Il y a d’abord cette barre critique des 60 dollars qui n’a pas encore été dépassée, mais aussi le fait que les économies industrialisées sont moins « énergivores » qu’il y a 20 ou 30 ans avec, de surcroît, un recours progressif au nucléaire comme énergie de substitution.
Pour ce qui est des répercussions sur le plan international, la hausse des prix pétroliers a eu pour effet de remettre en question la vigueur de l’économie américaine déjà malmenée depuis le 11 septembre 2001. Un manque de vigueur qui a affaibli le billet vert, ce qui a pleinement profité à l’euro.
Au Maroc, où les consommateurs ont déjà vu le prix des carburants augmenter à la pompe, la hausse des cours du pétrole trouve surtout une corrélation avec la loi de Finance 2004. En effet, celle-ci avait été élaborée sur la base d’un prix moyen de 25 dollars, les cours se maintiennent depuis plusieurs mois au-dessus de la barre des 40 dollars. Dès lors, le gouvernement n’aura pas d’autres choix que l’une des deux alternatives suivantes : soit assumer seul la hausse en poursuivant sa politique de soutien des prix intérieurs, soit augmenter les prix à la pompe en prenant les risques : d’éroder le pouvoir d’achat des consommateurs, d’augmenter les coûts de production des entreprises, voire d’entraîner une forte inflation et même une aggravation du chômage. «Une hypothèse complètement exclue par notre ministre de l’Energie et des Mines», précise l’étude de la BMCE Markets.

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