PSEM : Une région a faible enjeu commercial

Les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM) sont moins ouverts économiquement que la moyenne des pays émergents. Tel est le triste constat qu’a relevé une étude française ayant servi de toile de fond au déroulement des travaux de la Convention régionale sur le partenariat euro-méditerranéen, tenus à Marseille le vendredi 7 octobre. Plus triste encore ; la part des pays du Maghreb du volume global des échanges commerciaux entrepris dans cette zone est plus infime. Au-delà de cet événement, où le partenariat entre les deux rives de la Méditerranée a été traité en long et en large, avec un fort accent mis sur la nécessité pour les pays du Maghreb de d’intégrer à l’économie mondiale, il y a les chiffres. Le premier en serait que, pour les économies de la région, les échanges de marchandises ont représenté en moyenne 38% du PIB en 2002. Une moyenne qui masque toutefois des situations assez contrastées. Selon les pays, le ratio va de 20% en Egypte à 100% pour la Tunisie. En 2002, le commerce extérieur de la région (290 milliards de dollars) s’est réalisé à 52% avec l’Union européenne et 13% avec les Etats-Unis, alors que les échanges intra-zone sont presque inexistants dans le Maghreb, mais légèrement plus développés au Proche-Orient. Ce qui va à l’encontre des possibilités de complémentarité qui existent au niveau de chaque sous-région et de la région dans son ensemble. Les exportations de la région ont été de 109 milliards de dollars en 2002 et elles ont augmenté en moyenne de 4%. La Turquie est, devant Israël, le principal exportateur de la région. Les exportations du Liban, de la Jordanie et de la Turquie qui ont progressé rapidement, alors qu’elles ont marqué une légère baisse de 3% en Algérie, pays où en dehors des hydrocarbures, qui ont augmenté de 11%, les exportations restent quasi-insignifiantes (4%). Au Maroc, la correction du change a dynamisé les exportations en 2002 (+6%). Les exportations en textile-habillement ont stagné. Celles des produits alimentaires ont connu une croissance lente. Par contre, les ventes de composants électroniques, qu’expliquent les délocalisations, ont progressé rapidement. De manière générale, et malgré la reprise observée en la matière, la part des marchés des PSEM dans l’UE est très faible. Elle tourne autour de 6%, contre 12 pour les PECO. L’accroissement est le fait de la seule Turquie. Aux Etats-Unis, les PSEM occupent 1,8% du marché. En termes de pays, l’Oncle Sam constitue le principal débouché, devant la France, l’Italie et l’Allemagne. S’agissant des exportations européennes, l’UE a exporté pour 68 milliards de dollars vers les PSEM, dont 22 vers la Turquie, 11 vers Israël et 7 dans chacun des pays du Maghreb. L’enjeu commercial des PSEM a diminué au cours des trois dernières années. Ces pays absorbent 7% des exportations européennes hors UE, soit un peu moins de la moitié de la part des PECO. La région constitue un enjeu commercial marginal pour les Etats-Unis qui n’y exportent que pour 14 milliards de dollars, soit 2% de leurs exportations en 2002.

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