Quel type de financement pour les PME innovantes

Il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas parce qu’on est dépositaire d’une idée porteuse qu’on peut décrocher un crédit facilement a fortiori chez nous où les banques sont très frileuses. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l’idée est novatrice.
L’ensemble des dépenses qu’il aura fallu effectuer dans un projet d’innovation pourra être considéré comme un investissement unique, dont le retour à long terme est lié au succès commercial du produit, service, ou procédé auquel on aboutit. Autant dire que la partie n’est pas jouée d’avance. De plus, l’incertitude commerciale dépend du type d’innovation : si celle-ci oblige l’entreprise à s’implanter sur un nouveau marché et, plus difficile encore, à faire naître un nouveau besoin de consommation, cette incertitude reste élevée tout au long du projet et ne diminue qu’après le lancement du produit. Certes, il est possible de réduire l’incertitude et ses conséquences par l’utilisation d’une expertise technico-financière de haut niveau, encore faut-il convaincre son banquier.
Cette tâche est d’autant plus difficile que les phases de développement et surtout de préparation de la production comportent déjà beaucoup plus d’investissements matériels. Les sommes en jeu sont beaucoup plus élevées et doivent d’ailleurs être fournies très rapidement. Il s’agit d’une phase critique pour le succès final de l’opération et qui est souvent ratée parce que son coût a été sous estimé, les financeurs externes prévenus trop tard et les établissements financiers peu habiles à traiter ce type de problèmes.
Il existe une autre phase critique, en cas de grand succès, qui se présente quelques années plus tard pour faire face à une forte croissance. Là, les sommes en jeu peuvent atteindre plusieurs dizaines de millions, (ce qui inquiète les financeurs), et produire des bouleversements dans la structure du capital et donc dans la propriété de l’entreprise (ce qui inquiète les dirigeants). C’est le plus souvent à ce stade que se produit l’arrêt de la croissance des petites entreprises innovantes, ou leur absorption par des sociétés étrangères. Autant dire qu’il faut compter sur ses propres moyens et mettre la main à la poche. En effet, l’expérience a montré que la partie externe du financement de l’innovation doit être fournie, pour l’essentiel, sous forme de fonds propres.

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