Quelle vocation pour la Méditerranée ?

Plusieurs invités de marque, Marocains, Français et Algérien avaient répondu favorablement à l’invitation de "lobservateur.ma" qui a organisé une table ronde à Marrakech, le 14 juin dernier, sur le thème "le Maghreb face à la mondialisation". Parmi eux figurent Dominique Strauss Khan (DSK), ex-ministre français des Finances, Bruno Delaye, directeur de la Coopération au Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères français) ainsi que Richard Cazenave rapporteur de la commission des Affaires étrangères au Parlement français.
Du côté marocain, les intervenants n’étaient pas moins prestigieux: deux conseillers du Souverain, André Azoulay et Meziane Belfquih, ainsi que le ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Taïeb Fassi-Fihri et le wali de la région du Tensift, Mohamed Hassad. Hadj Nasser, ancien gouverneur de la Banque Centrale d’Algérie représentait l’Algérie. Ahmed Charaï, directeur du site "lobservateur.ma", souligne que "le choix du thème de la table ronde n’est pas fortuit". Le but était de transmettre des messages précis, notamment de montrer que "la mondialisation n’est pas un phénomène uniquement économique et lié aux marchés", affirme Charaï. Bien au contraire, "il concerne également la promotion de la liberté d’expression et de la démocratie dans un but précis, l’épanouissement des cultures", poursuit-il. Sur ce point, les relations euro-maghrébines ont été pointées du doigt.
"Il y a aujourd’hui ambiguïté entre la logique qui est la nôtre dans la vision du partenariat que nous voulons construire avec l’UE, le degré de l’engagement ou de la volonté politique que nous exprimons et la réponse que nous recevons", a fustigé André Azoulay lors de son intervention. Pour sa part, Adelaziz Meziane Belfquih a confirmé cette vision en déclarant que "la stratégie du Maroc face à la mondialisation ne peut aujourd’hui donner des résultats sans un partenariat renforcé avec ses voisins du Maghreb et avec l’espace euro-méditerranéen.  DSK, le député socialiste, a souligné à cet égard que "l’avenir de l’ensemble européen passe nécessairement par la reconstitution de l’héritage méditerranéen".
Et d’ajouter que "le Maroc sera la clé du développement de l’Europe dans 50 ou 60 ans". Voilà qui donne de l’espoir sachant qu’un courant assez fort au sein de l’UE préfère l’élargissement de l’Europe vers l’Est plutôt que vers le Sud. C’est l’un des dossiers les plus épineux aujourd’hui dans les hautes sphères européennes. Bien qu’elle soit partagée par les Belges et certains Allemands, la vision française, qui prône une plus grande ouverture vers la Méditerranée est manifestement minoritaire.  Toutefois, les Maghrébins ont également une part de responsabilité. L’heure est venue, pour les pays de l’UMA, de parler d’une seule et unique voix avec l’Europe. Ce n’est que de cette manière que l’espace maghrébin peut s’imposer non seulement comme un marché économique porteur mais surtout comme une force de négociation.

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