Qu’est-ce que le capital-risque ?

Les économies performantes s’appuient d’abord sur des systèmes financiers modernes et bien développés. Tel est l’idée commune à plusieurs études et travaux de recherche académiques, dont certaines sont disponibles sur Internet. Dans ce contexte, le capital-risque, malgré ses dimensions modestes par rapport aux autres marchés financiers, joue un rôle essentiel de fournisseur de fonds propres aux entreprises jeunes et innovatrices.
Le capital-risque est un moyen de financer le démarrage, le développement, la transmission ou l’acquisition d’une entreprise. Il permet d’associer au sein de l’entreprise, existante ou à créer, un entrepreneur et son équipe et des investisseurs financiers. Ceux-ci deviennent actionnaires de l’entreprise en contrepartie des fonds apportés et supportent le même risque d’échec. Ils participent à la réussite de l’entreprise, la croissance de son l’activité, le versement de dividendes ou la réalisation de plus values lors de la cession de la participation ou de l’introduction en bourse.
Fondamentalement différent de l’endettement, pour lequel les prêteurs perçoivent un intérêt, attendent le remboursement du capital prêté et sont des créanciers souvent dotés de garanties, le capital-risque est une opération de fonds propres qui ne trouve sa rentabilité que dans la croissance et la capacité bénéficiaire de l’entreprise. Le capital-risque est un placement à moyen ou long terme par lequel l’investisseur apporte une contribution active à la réussite des entreprises, en accompagnant leur croissance pour leur permettre de devenir les principales sociétés de leur secteur.
Ces sociétés, parfois appelées «gazelles», aspirent à devenir les champions de demain, les créateurs et principaux fournisseurs des biens et services du XXIème siècle. Elles développent tous azimuts des nouvelles technologies qui, une fois répandues dans le système productif, y compris dans les grandes entreprises, favoriseront une croissance plus rapide de la productivité et par conséquent de la compétitivité», a déclaré un commissaire européen. De ce point de vue, l’existence d’un marché de capital-risque bien développé a des conséquences stratégiques indéniables, surtout dans un monde de plus en plus globalisé. L’exemple des Etats-Unis dans la dernière décennie offre une démonstration éclatante de cette analyse. Ces sociétés nouvelles sont aussi des vecteurs de création d’emploi. De nombreux indices montrent qu’en Europe l’emploi augmente plus rapidement dans les sociétés qui ont bénéficié de capital-risque. En effet, la majeure partie du capital-risque, de l’ordre de 80%, est dépensée en salaires. Par ailleurs, les emplois créés sont de qualité et d’avenir. Pour donner un exemple plus précis, aux Etats, Unis entre 1991 et 1995, 3% des entreprises considérées comme «gazelles» ont représenté 80% de la création d’emploi, soit 6 millions sur les 7,7 millions d’emplois supplémentaires créés par l’économie américaine pendant cette période.
La tendance va crescendo puisque l’investissement en capital-risque s’est élevé à 33 milliards de dollars en 1999, soit une augmentation de 150% par rapport à 1998. Sur ce total, 13 milliards correspondent à des capitaux de départ, soit un montant supérieur à la totalité des investissements en capital-risque dans l’Union européenne et quatre fois plus important que les investissements en capital de départ dans l’Union.
En un mot, l’Europe dépense, approximativement, par tête d’habitant, un cinquième de l’effort consenti par les Etats-Unis. C’est dire que ce ne sont pas les exemples de réussite qui manquent. A nous d’en tirer partie.

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