Qui veut freiner la BMCE Bank ?

Qui veut freiner la BMCE Bank ?

Le ministre des Finances, conformément à la loi bancaire du 6 juillet 1993, est appelé à statuer en rendant public son avis définitif. Selon des sources proches du dossier, l’avis du CEC est « défavorable ». La composition de ce comité laisse à penser que l’avis du ministre des Finances irait dans le même sens. Deux membres, le Représentant au sein du comité, y siègent. Les six membres restants sont deux représentants de Bank Al Maghrib, deux du GPBM ainsi que deux représentants de l’Association Professionnelle des Sociétés de Financements (APSF). Du côté de Bank Al Maghrib, il est mentionné que la décision du CEC ne s’accompagne d’aucun communiqué. « Les autorités monétaires ont rejeté l’offre de CNCE sur BMCE. Un communiqué précisant les raisons de ce refus sera publié en cours de journée », a affirmé un haut fonctionnaire à Reuters. « C’est le ministère des Finances qui doit communiquer à ce sujet » laisse-t-on entendre du côté de BAM. La BMCE avait fait savoir la semaine dernière que la CNCE avait proposé 500 dirhams par action, représentant une opération estimée à 170 millions de dollars. L’action BMCE a clôturé, mercredi 8 octobre sur une baisse de 4,32 % à 410 DH après avoir ouvert sur 403 DH. Cette décision n’est pas sans relancer le débat sur le nouveau paysage bancaire marocain. Si les grandes Banques européennes, françaises en particulier, doivent le redessiner, les acteurs locaux n’ont certainement pas l’intention de se laisser embarquer dans des montages devant aboutir, à terme, à la perte de contrôle de leur institution. Le mot d’ordre, ne pas confier le sort de l’épargne nationale à des institutions étrangères quelles qu’elles soient. « Combien même nous ayons la volonté de confier la gestion de nos institutions bancaires aux étrangers, les autorités monétaires ne le permettraient pas », affirmait Abdelhak Bennani, Président de Wafabank lors de la conférence de presse en marge du salon de la Bourse du 26 septembre dernier. L’avis défavorable pour le mariage des Caisses d’Epargne françaises avec la BMCE Bank est à prendre en considération lors des négociations du « projet le plus naturel pour Wafabank », la concrétisation de rapprochement avec le Crédit Du Maroc. Parallèlement, le reste de la place n’est pas dans la spéculative. Khalid Oudrighi, Président de la BCM a précisé, de son côté, sa philosophie en la matière. « L’idée selon laquelle la BCM préfère recourir à une croissance interne, chose qu’elle a faite avec succès d’ailleurs, n’est plus de mise. Nous restons prêts à saisir toute opportunité qui se présente», a-t-il précisé tout en prenant le soin de démentir les rumeurs actuelles. « Après la BMCI, voilà qu’on nous marie à la BMCE. Actuellement, nous sommes plutôt préoccupés par les chantiers ouverts en interne. Il n’y a pas eu d’entretiens dans ce sens avec aucune partie ». Cependant, ces interrogations referont certainement surface. Si le projet le plus naturel pour Wafabank est le CDM, pour la BCM, les synergies avec la BMCE Bank sont multiples. Reste à observer de près, la position de la filiale BNP, Paribas, BMCI, qui, après avoir absorbé ABN Amro, cherche par tous les moyens à agrandir ses parts de marchés. Rien de plus normal, eu égard aux perspectives prometteuses à long terme, constat confirmé d’ailleurs par le rapport de S&P sur les Banques nord-africaines. Pour l’heure, une réaction de la banque d’Othmane Benjelloun, ne saurait tarder. Trouver un associé pour remplacer la Commerzbank (qui a progressivement ramené sa participation de 15 à 5 % et dont l’objectif ultime est de se retirer totalement du conseil d’administration de la banque est un objectif à court terme. Le Conseil d’administration de BMCE Bank s’est réuni le 26 septembre 2003, sous la présidence de Othman Benjelloun et a adopté, à l’unanimité le principe de sceller un partenariat de dimension économique, financière et sociétale avec le Groupe Caisse d’Epargne. Le volet industriel de ce partenariat est accompagné d’un volet capitalistique, avec l’entrée envisagée au capital de BMCE Bank du Groupe Caisse d’Epargne, à hauteur de 20%, telle qu’exprimée dans une lettre d’intention, en date du 25 septembre 2003, adressée par le Président du GCE au Président de BMCE Bank. Cette opération était conditionnée à l’accord des autorités monétaires et réglementaires. « Après la signature d’accords définitifs entre les deux Banques, il est convenu que cette participation dans le capital de BMCE Bank serait acquise par le Groupe Caisse d’Epargne à un prix de 500 dirhams l’action », précisait le communiqué de la Banque. Actuellement, eu égard aux nouveaux évènements, les choses pourront prendre une autre tournure.

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