Rabat, capitale fauchée du Royaume !

Rabat, capitale fauchée du Royaume !

Les dotations réservées aux arrondissements bloquées en raison d’un bras de fer entre majorité et opposition

«Il est impossible de rester muet aujourd’hui face au blocage injuste des dotations des arrondissements de la ville et il faut privilégier l’intérêt public dans cette affaire», s’insurge le maire de la ville.

RabatLa ville de Rabat est probablement la dernière ville du Maroc sans dotations. Alors que la deuxième moitié de l’année démarre, les différents arrondissements composant la capitale du Royaume n’ont pas encore reçu de dotations. Et pour cause, un bras de fer entre la majorité et l’opposition fait que les dotations réservées par le conseil de la ville de Rabat sont aujourd’hui bloquées. «Les dotations attendent aujourd’hui le visa du wali de la région de Rabat. Le délai de vingt jours pour l’examen de ces dotations par la wilaya vient d’expirer et nous attendons la décision finale du wali», affirme Ahmed Réda Benkhaldoun, président PJD (Parti de la justice et du développement) de l’arrondissement Agdal-Riyad. Et de poursuivre: «Nous sommes au mois de juin et les arrondissements n’ont toujours pas reçu les dotations qui servent à financer des services vitaux au niveau de la ville, notamment l’éclairage public et l’entretien des espaces verts». Ce blocage a poussé le maire de la ville de Rabat, Mohamed Sedikki, à perdre son sang-froid qualifiant la situation actuelle concernant le blocage des crédits des arrondissements d’«injuste». «Il est impossible de rester muet aujourd’hui face au blocage injuste des dotations des arrondissements de la ville et il faut privilégier l’intérêt public dans cette affaire», a-t-il affirmé. Mais il y a un hic. Le maire de la ville n’a pas évoqué le vice de procédure dans l’adoption des dotations pour les arrondissements de la capitale. En tout cas c’est ce que l’opposition au sein du conseil de la ville de Rabat affirme aujourd’hui.

Nouveau recours

Un vice de procédure qui risque actuellement de retarder encore plus la validation des dotations en question. En effet, le groupe du Parti authenticité et modernité (opposition) au sein du conseil de la ville de Rabat vient de déposer un nouveau recours. «Nous n’avons eu de cesse depuis des mois d’attirer l’attention de la majorité conduite par le PJD sur les erreurs commises dans l’adoption du budget de la ville et des dotations des arrondissements», explique Adil Ouadghiri, conseiller PAM au conseil de Rabat. Si les dotations risquent d’être invalidées de nouveau, c’est parce que l’opposition pense que la procédure n’a pas été respectée. Les présidents des arrondissements qui doivent signer les dotations n’auraient pas reçu l’aval des membres de leurs arrondissements. Le délai légal pour la validation des dotations aurait également expiré. C’est pour toutes ces raisons que les arrondissements de Rabat risquent de rester sans crédit pour un délai supplémentaire. Il faut dire que les travaux du conseil de la ville de Rabat sont rythmés par une tension entre majorité et opposition qui dure depuis des mois. Une tension qui a atteint son comble depuis l’éclatement de l’affaire sur le départ anticipé à la retraite de Mohamed Sedikki de son ancien travail. Un départ qui aurait connu certaines irrégularités. Alors que le maire clame son innocence, le groupe du PAM annonce le boycott des travaux du conseil en attendant de connaître les résultats de l’enquête sur cette affaire (encadré).

Bagarre au conseil

Wilaya-de-la-region-de-Rabat-Sale-KenitraLes élus de la ville de Rabat avaient fait la Une des journaux en février dernier. Une session du conseil avait, en effet, tourné au pugilat entre conseillers du PAM et ceux du PJD. La tension a été provoquée par les divergences entre les deux partis sur le budget de la ville. D’ailleurs, la session en question devait être consacrée au vote du budget du conseil de la ville de Rabat mais avant même l’entame de la réunion une bagarre a éclaté entre les élus des deux camps qui en sont venus aux mains.

L’estrade de la salle des réunions a été renversée et des équipements ont également été endommagés. Même si la majorité a poursuivi les travaux de la réunion, la wilaya allait par la suite invalider les décisions prises par les élus au cours de cette rencontre.

Le wali avait à l’époque estimé que les conditions normales n’étaient pas toutes réunies pour valider les décisions prises. A noter que les cinq arrondissements de la capitale dont quatre sont dirigés par le Parti de la justice et du développement (PJD) finançaient leurs besoins avec le reliquat de l’exercice budgétaire précédent.

Un maire au banc des accusés
Mohamed-Seddiki-PJD-Maire-de-RabatDepuis sa prise de fonction, le maire PJD de Rabat, Mohamed Sedikki, ne cesse de faire l’actualité. En février dernier, les membres du groupe PAM au conseil de la ville demandent l’ouverture d’une enquête sur le maire.
Seddiki est accusé d’avoir maquillé son départ à la retraite par des problèmes de santé et d’avoir bénéficié d’une pension d’invalidité conséquente pour les mêmes raisons de la part de son ancien employeur, la société Redal, chargée de la gestion déléguée des services d’eau et d’électricité à Rabat.Le maire de Rabat a toute de suite démenti ces accusations. Mais l’affaire a pris une ampleur telle que Seddiki a été auditionné fin avril par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca pendant des heures.
Depuis, l’affaire a disparu des radars avant que le groupe du PAM au sein du conseil de la ville n’accuse de nouveau le maire de bénéficier d’un autre salaire. Les Pamistes affirment que «le maire perçoit des indemnités pour un poste au sein d’un cabinet ministériel».

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