Rapport de la Banque mondiale : Le chômage des jeunes, principal souci en 2013

Rapport de la Banque mondiale : Le chômage des jeunes, principal souci en 2013

La Banque mondiale est formelle : l’informel a du bon. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette affirmation est dans le dernier rapport de l’institution financière internationale sur l’état économique du monde et ses perspectives pour l’année qui vient. Quelque peu iconoclaste, ce nouveau millésime dit également que le progrès de  l’humanité est dans les villes en ce qu’elles engendrent des emplois valorisants et, dans le commerce international en ce qu’il induit des transferts de technologie. Comme ce document affirme également que 90% des emplois sont offerts par le secteur privé, certains en ont vite conclu que plus qu’un exemple de croissance, c’est un modèle de société que les experts de la banque proposent. D’autant plus qu’ils affirment que certains emplois sont plus inducteurs de croissance et de développement que d’autres. Le rapport dit en effet  que «les emplois qui ont le plus d’impact sur le développement sont ceux qui permettent aux villes de mieux fonctionner, de relier l’économie aux marchés mondiaux, de protéger l’environnement, d’encourager la confiance et la participation civique ou de réduire la pauvreté». Autre vérité de taille et d’importance fondamentale, ces emplois ne sont pas le fait du seul secteur formel, les informels peuvent aussi avoir un pouvoir de transformation économique et sociale.
Au Maroc, plusieurs organismes, dont le Conseil économique et social, se sont préoccupés du chômage des jeunes tant il apparaît que c’est l’une des voies qui conduisent au développement et qui pérennisent la stabilité sociale. A l’issue d’une autosaisine, la 2ème du genre, cette institution qui a conclu que les jeunes sont la catégorie d’inactifs la plus importante, que les jeunes diplômés sont fortement affectés par le chômage, que les moins de 30 ans sont les durement affectés par le chômage de longue durée (plus d’un an) et que leur emploi reste précaire. En sorte que les défis qui se présentent sur ce plan commandent de s’atteler en urgence à la question de l’emploi des jeunes et à opérer des inflexions significatives du modèle de croissance économique, à réformer en profondeur le système d’éducation et de formation dans toutes ses composantes et à mettre en œuvre une gouvernance territoriale «qui libère les énergies et mobilise les initiatives locales». Le Conseil recommande, parmi 10 mesures-clés, d’aider l’auto-emploi, d’améliorer le cadre réglementaire du travail et d’appuyer l’employabilité et d’aménager les conditions de développement de l’intermédiation sur le marché du travail.  
L’emploi des jeunes est d’autant plus une urgence au regard du gouvernement qu’il fait partie du pacte social. Ce n’est d’ailleurs pas chose aisée puisque la situation se caractérise par un taux d’activité faible, ne dépassant pas 48% pour les jeunes de 15-34 ans, lesquels représentent plus de la moitié de la population en âge de travailler. Cette  situation s’est corsée dernièrement, car les taux observés ont été de 14,8% chez les jeunes de 15-34 ans et de 16,7% chez les jeunes de 15-24 ans. Au demeurant, le chômage des jeunes est en général une inactivité de longue durée qui frappe 65,8% des jeunes et 74,4% des diplômés parmi eux. Situation aggravante : l’emploi des jeunes est précaire, car les emplois occupés par eux sont souvent moins bien rémunérés, rarement contractualisés et très peu couverts par un régime de protection sociale.

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