Rapport de la Cour des comptes sur la stratégie: Driss Jettou fustige Maroc Numeric

Rapport de la Cour des comptes sur la stratégie: Driss Jettou fustige Maroc Numeric

La stratégie Maroc Numeric 2013 est pointée du doigt par la Cour des comptes. Le département de Driss Jettou qui a évalué l’état d’avancement de cette stratégie retient trois éléments saillants : retard au niveau de la concrétisation, limites dans le processus de gouvernance et insuffisances au niveau de la priorisation et de visibilité sur des projets structurants. En effet, le focus établi par la Cour des comptes met en relief le ralentissement du processus. «La stratégie n’a pas été soumise à un processus de validation préalable afin d’assurer une cohérence de son contenu, un engagement formalisé et une adhésion pour sa mise en œuvre, ce qui a influencé négativement sa bonne conduite», relève-t-on du rapport de la Cour des comptes.

Et de poursuive que «la stratégie, déclinée en priorités, initiatives et actions, n’a pas été complétée par des stratégies sectorielles définissant le contenu détaillé des projets et actions ainsi que les processus pour l’atteinte des objectifs fixés». Le document indique, par ailleurs, que l’élaboration de la stratégie a été marquée par le manque d’une approche participative avec les différents intervenants et acteurs, en l’occurrence la mise en place de portails pour le recensement des besoins des usagers.

Des objectifs non atteints

A quelques mois de la date de clôture prévisionnelle, la Stratégie Maroc Numeric 2013 n’aurait pas atteint ses objectifs de départ. C’est le constat établi par la Cour des comptes. En guise d’illustration, le premier axe de la stratégie relatif à la transformation sociale a connu l’achèvement de 11 % de ses actions programmées, et ce à 6 mois près de la date de clôture prévisionnelle de la stratégie. De même, la Cour des comptes a indiqué que sur les 69 projets prévus au niveau de l’e-Gov, seuls 36% sont opérationnels tandis que 3 % sont en cours de réalisation.

En revanche, 38% des projets programmés sont en retard ou à problème et 22% des projets n’ont pas démarré. S’agissant de l’informatisation des PME, le bilan démontre que sur «les 9 actions programmées, deux ont été réalisées (22 %), cinq sont en cours ( 56 %), une action en blocage (Rawaj TI) et une autre n’a pas été réalisée (formation des correspondants et des experts-comptables)». Et de rappeler que l’axe développement de l’industrie TI a vu la concrétisation de 4 actions sur 14. Il s’agit entre autres du Centre marocain de l’innovation, le Maroc Numeric Fund, Technopark Casa et le Cluster TI.

Les recommandations de la Cour des comptes

Le département de Driss Jettou a émis dans ce sens une dizaine de recommandations engageant ainsi toutes les autorités gouvernementales chargées de la mise en œuvre des stratégies numériques et en priorité le département ministériel en charge des Technologies de l’information et de la communication. Premier appel de la Cour des comptes: formalisation du processus d’élaboration et d’adoption des stratégies numériques tout en veillant à assurer une mobilisation de toutes les parties prenantes. La Cour des comptes a invité les autorités en charge à définir avec «précision» les termes de référence des études de conception des stratégies numériques et les faire valider par un comité spécialisé. L’élaboration des stratégies numériques devrait également intégrer, à la fois, le contexte régional et local ainsi que le degré de maturité des régions en matière des TIC.

Autres recommandations formulées: la hiérarchisation des objectifs, la mise en place d’une instance de coordination ainsi que la révision du système de gouvernance et de pilotage des stratégies numériques en vue d’assurer un suivi régulier des réalisations et une grande réactivité pour en adapter l’exécution. La Cour des comptes a, par ailleurs, appelé à surveiller en permanence les indicateurs TIC du Maroc ainsi que son classement mondial et aussi à assurer le reporting régulier et la centralisation de l’information relative à chaque projet auprès de l’instance chargée de la coordination.

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