Recul des exportations alimentaires

Au moment où les professionnels de l’Alimentaire crient haut et fort le succès du SAM 2002 qui vient de clôturer ses portes, les derniers chiffres communiqués par l’Office des Changes relatifs à leur activité, les rappelle à la réalité.
A fin janvier 2002, la part des produits alimentaires dans le total des exportations nationales est passé de 28% à 25,3%, soit une perte de 2,7 points. Cela n’a rien de surprenant dans la mesure où ce secteur vit depuis quatre ans au rythme d’une croissance irrégulière dont les raisons sont multiples. Il s’agit entre autres des mauvaises conditions climatiques et des quotas imposés par l’Union Européenne sur les produits marocains. Mais aussi à cause d’une politique commerciale qui manque d’agressivité auprès d’autres marchés.
Au début de l’année en cours, les exportations des produits alimentaires ont reculé de 10,5% par rapport à la même période 2001 (1,61 milliard de DH contre 1,80 milliard de DH). Dans sa dernière note, l’Office relève que cette baisse a touché essentiellement les ventes de crustacés, des mollusques et des coquillages, des tomates et des légumes frais. Pour ce qui est des crustacés, des mollusques et des coquillages, les exportations se sont établies à 312,1 millions de DH en janvier 2002 contre 737,6 millions de DH l’année précédente. Il s’agit là d’un recul très important de l’ordre de 57,7% pour un volume en baisse de 67% (7,4 millions de tonnes contre 22,7 millions de tonnes). Concernant le recul des exportations de tomates, il a atteint 67,6% (52,2 millions de DH en janvier 2002 contre 160,9 millions de DH en janvier 2001).
Les légumes frais n’ont pas aussi échappé à la tendance baissière. Les exportations relatives à ces aliments ont passé de 78,7 millions de DH en janvier 2001 à 23,8 millions de DH durant la même période de l’année en cours (-69,8%). Toutefois, les exportations des agrumes ont bien résisté. Et d’ajouter que le volume de production a doublé en passant de 51,6 millions de tonnes en 2001 à 112,7 millions de tonnes début 2002. Quelle lecture faire alors des dernières statistiques de l’Office des changes ? Il faudra d’abord rappeler certains des constats. Si on prend à titre d’exemple les industries agroalimentaires, celles-ci participent fortement au processus de formation du PIB.
Le secteur contribue également à la sécurité alimentaire du pays. Ce qui lui a permis de se hisser en première position dans l’industrie nationale que ce soit le cas pour la production ou la création de la valeur ajoutée. Si l’on en juge par les estimations du Centre marocain de conjoncture, la valeur ajoutée générée par le secteur se situe à hauteur de 18 milliards de DH.
Selon la dernière étude du ministère du Commerce et de l’Industrie, la production du secteur s’élève à 56 milliards de DH soit une part de 37% dans la production des industries de transformation. Rappelons qu’en 1999, les investissements engagés par les industries agroalimentaires ont atteint 2,5 milliards de DH soit 24% de l’ensemble de l’investissement industriel.

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