Reda Bennani Dakhama : «Les règles d’accès au métier de syndic professionnel omises»

Reda Bennani Dakhama : «Les règles d’accès au métier de syndic professionnel omises»

Entretien avec Reda Bennani Dakhamadirecteur général de Home Syndic (Société spécialisée dans la gestion de résidences. Elle gère en direct près de 2.000 logements haut standing avec une montée en charge atteignant 3.500 lots à l’horizon fin 2016 sur l’axe Marrakech-Tanger.)

ALM : Le syndic est devenu aujourd’hui une profession à part entière. Qu’est-ce qui distingue le syndic professionnel du modèle existant ?

Reda Bennani Dakhama : Le syndic professionnel dispose d’une expertise et expérience dans son métier ainsi que d’une neutralité par rapport au modèle de syndic bénévole vis-à-vis des résidents qui sont des voisins. Il est donc obligé de ménager ses voisins en termes de relation par rapport au respect du règlement de copropriété et du paiement de leurs charges. De plus, le syndic bénévole exerce cette activité de manière bénévole et ne dispose pas toujours des outils informatiques nécessaires à une bonne gestion (comptabilité, communication, site internet, hotline, etc.). Il faut que le syndic professionnel se donne les capacités de maintenir son principe de gestion et de ne surtout pas devenir juge et partie.  Le métier de syndic impose au syndic professionnel un fort contrôle des prestataires et la latitude de les changer au besoin si ces derniers ne font pas leur travail convenablement.

Existe-t-il un cadrage légal au métier de syndic professionnel ?

Bien que le législateur ait effectué un excellent travail au sujet des règles et lois de gestion du bon voisinage , il a omis de mettre les bases et règles d’accès au métier de syndic professionnel. Toute personne patenté peut exercer ce métier sans aucun agrément ni autorisation préalable soumis à des conditions. Nous saisissons cette opportunité pour faire un appel officiel aux autorités afin de soumettre cette demande et de conditionner l’accès au métier de syndic professionnel par certains prérequis. Tout d’abord, le syndic professionnel doit obtenir un agrément ou autorisation d’exercer ce métier par le ministère de tutelle. Il doit détenir un casier judiciaire vierge. Le syndic devrait être doté d’un niveau de connaissance minimum dans le domaine de la gestion (diplôme minimum Bac+2, connaissance dans la comptabilité, le juridique et le technique). Le syndic professionnel ne doit exercer que le métier de syndic et il ne doit avoir aucun intérêt direct ou indirect dans les prestataires employés dans ses résidences. Il doit également avoir une obligation d’assurance et d’aider à organiser la profession en créant une association, chambre ou autre à l’initiative du ministère de tutelle.

A combien s’élève le coût du syndic et quelles sont les limites de son champ d’intervention ? 

Le coût d’un syndic professionnel dépend fortement de la taille de la résidence et de son budget annuel voté en assemblée générale. Il se situe entre 18 et 25% du budget annuel. Si la résidence est de taille moyenne, il se peut que le forfait passe mieux pour permettre une bonne gestion et une rémunération du syndic professionnel. Les limites du champ d’actions du syndic professionnel se situent au niveau des décisions de l’assemblée générale. Le législateur a bien compris la difficulté du métier et donne au syndic une obligation de moyens et non pas de résultat.

Votre vision du syndic professionnel est incarnée dans Home Syndic. Par quoi se caractérise ce projet ? 

Nous  plaçons  le quotidien du copropriétaire et son bien-être à la première place des obligations de Home Syndic. Nous avons délibérément choisi de nous focaliser en premier lieu sur le terrain en termes de gestion quotidienne avec un échange entre les directeurs de site et gestionnaires en interaction avec la Direction des opérations siège. Au sein de Home Syndic, nous avons également développé des outils et moyens de communication très performants facilitant fortement la communication et l’échange avec les copropriétaires. Nous les invitons tous à participer de manière constructive à l’évolution de leur résidence et de contribuer à l’amélioration permanente de leur cadre de vie. Parmi ces moyens, nous disposons d’un site internet dynamique «homesyndic.ma» avec une rubrique dédiée aux copropriétaires (se connecter) où ils disposent de l’ensemble des informations de leur résidence. Chaque copropriétaire peut télécharger gratuitement l’application HomeSyndic sur son téléphone et sera informé régulièrement des avancées sur sa résidence par notification push. Nous envoyons de manière régulière des Flashs info, Newsletter via tous les moyens de communication : email, WhatsApp, site internet, application mobile, affichage, etc.

Qu’en est-il du process recouvrement ?

En effet, nous avons pu industrialiser ce process au sein de Home Syndic. Notre avocat conseil maîtrise parfaitement bien la loi sur la copropriété et nous avons pu recouvrer un bon nombre de dossiers en contentieux. Notre point fort se situe également dans ce domaine, et nous avons pu reprendre des résidences en grande difficulté, et avec l’appui du conseil syndical et des résidents, nous avons obtenu des résultats spectaculaires.

Les tribunaux répondent toujours présent à nos demandes et nous réussissons à ramener vers la copropriété les copropriétaires non payeurs. Après plusieurs efforts d’échange avec eux, ils arrivent à bien comprendre leur intérêt de payer les charges de copropriété.

(*)Société spécialisée dans la gestion de résidences. Elle gère en direct près de 2.000 logements haut standing avec une montée en charge atteignant 3.500 lots à l’horizon fin 2016 sur l’axe Marrakech-Tanger.

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