Redal, la concession fait recette

Redal, la concession fait recette

Les très attendus et précieux bilans comptables de Redal, le délégataire d’eau, d’électricité et d’assainissement pour la wilaya de Rabat, ont enfin été publiés. L’attente de la communauté d’analystes mais aussi des clients Redal a été, agréablement, récompensée. La santé financière du délégataire est plutôt bonne. En témoignent, les performances financières réalisées. Le résultat net est ainsi passé de –92 140 MDH en 2002, à –3 996 MDH en 2003 pour grimper à +81 103 MDH en 2004.
Ainsi, le saut qualitatif en matière de gestion renseigne sur le profond travail d’assainissement de la situation financière depuis la reprise de la concession. Les différents indicateurs ont, pour le troisième exercice, viré au vert. Désormais, le marché dispose d’une base comparable, surtout depuis l’introduction en Bourse de Lydec, l’autre concessionnaire de Casablanca.
Les chiffres publiés, le 18 juillet 2005, font paraître que les grands investissements consentis sont derrière l’amélioration substantielle du taux de rendement. La montée en charge du délégataire a permis une bonne maîtrise des charges. Le fort  résultat d’exploitation traduit une volonté manifeste d’une amélioration continue du service au client… Reste à espérer que les investissements programmés soient réalisés en temps et en heure, sans que cela ne profite au délégataire seul, via des remontées substantielles de profits !
Ainsi, la croissance du nombre de clientèle est de +6,8% en 2004. À l’actif du délégataire, un effort particulier en matière de branchements sociaux et l’accès d’un nombre non négligeable de familles aux services essentiels. Ainsi, l’accès au service a vu la réalisation de 14 223 branchements sociaux en 2004, dont 7212 branchements individuels à l’électricité, 5638 branchements en eau potable et 1373 branchements à l’assainissement liquide. Sur 2003-2004, le délégataire peut fièrement arborer le branchement de 26 000 branchements sociaux. Sur le volet électrique, la puissance installée s’est accrue de 37,6 MVA. La forte mobilisation des agents s’est traduite par une baisse de 25% des incidents HTA et BT. Le rendement électrique s’est ainsi amélioré de 4,8 points en 2 ans. La puissance installée est ainsi passée à 515,4 MVA en 2004 grâce notamment à l’investissement de 130 millions DH.
Pour l’eau, un nouveau réservoir de 10 000 m3 a été réalisé à Skhirat. Le rendement eau s’est globalement amélioré de 13,5 points en 2 ans. Plus de 6 millions m3/an ont ainsi été économisés en 3 ans. La capacité globale de stockage est de 280.100 m3 en 2004 pour un investissement de 108 millions DH la même année.  La chasse aux fuites est aussi un moyen de bonne gestion de l’eau. Les nouvelles technologies ont ainsi porté leurs fruits.
Côté assainissement, l’effort de consolidation du réseau a porté sur le diagnostic et le renouvellement ou le renforcement des tronçons présentant des défaillances, l’élimination de 28 points noirs ainsi que la mise à niveau des ouvrages de surface. En 2004, l’extension du réseau est de 81 km, pour un investissement consenti de 312 millions de DH.
Pour gérer sa clientèle, Redal a porté, en premier lieu, une action particulière à la consolidation de la qualité du cycle de lecture–facturation-encaissement. Aussi, la poursuite des efforts d’amélioration du système de gestion commerciale ELAG, a permis de gérer l’intégration des clients Redal en temps réel.
En second lieu, la Redal avance que son effort a également porté sur la poursuite de la mise en œuvre de standards de qualité au service pour un meilleur service aux clients. «Cette démarché a été accompagnée par une formation soutenue, des enquêtes mystères, des plans de progrès pour chacune des agences, etc.», précise le communiqué Redal.
L’année 2004 a ainsi été également marquée par 17 nouveautés commerciales, dont l’ouverture de 2 agences (Harhoura et Tabriquet), le lancement d’une troisième agence mobile et la création du concept de guichets mobiles (10 opérationnels), la refonte du reçu de paiement, la mise sous plis de tous les documents. Ainsi, neuf factures sur dix, sont établis sur des index de lecture réels.
Par contre, les commissaires aux comptes de Redal ont tenu à signaler que les avoirs de l’autorité délégante mis à disposition de Redal, qui s’élèvent à 532 MDH, sont classés en dettes de financement alors qu’ils étaient comptabilisés en passif circulant en 2003. Aussi, selon les commissaires, les obligations contractuelles de la société découlant de la convention de gestion déléguée seront examinées en 2005 avec l’autorité délégante conformément à l’article 55 de cette convention.
La publication des résultats Redal, aux cotés de ceux de la Lydec, vient encore une fois montrer que, sur le principe, le concept de la concession est un modèle économiquement profitable. Les performances réalisées par les délégataires font oublier les contre-performances des régies. Toutefois, pour une bonne gouvernance, des gardes-fous s’imposent. La finalité première d’une concession reste assurément l’amélioration du service au client mais surtout  lui permettre de contrôler, sinon, de faire baisser sa facture !

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