Réformes en panne

Réformes en panne

Tous les yeux étaient tournés, mardi 5 juillet dans l’après-midi, vers la Primature où devait se réunir le Comité stratégique du tourisme. Signe positif, aucun absent parmi les ministres, les secrétaires généraux et les présidents des différentes fédérations conviés à ce bilan d’étape. Les représentants du  secteur du tourisme étaient conduits   par le ministre du Tourisme, Adil Diouri, qui aurait bien défendu le secteur, d’après le point de vue d’un des professionnels membres de cette instance.
Premier  parmi les représentants du secteur à prendre la parole, devant le Premier ministre, le ministre des Affaires économiques et celui de l’Equipement et du Transport; Jalil B Taarji luis s’est félicité de la «complicité» des uns et des autres.  Passé cette introduction courtoise du président de la Fédération, décideurs et acteurs de la vie touristique sont rentrés dans le vif du sujet.
Ainsi, la réforme des CRT a été acceptée in facto par le Premier ministre. Les Conseils régionaux seront financés à hauteur de 3 millions de dirhams pour leur budget de fonctionnement. L’argent sera débloqué par les Conseils de la ville respectifs. Ce schéma attendu pour être institutionnalisé ferme-t-il pour autant le débat sur les CRT? avalise-t-il le raccordement de ces instances  à la Fédération du Tourisme et leur incorporation au ministère ? Ces questions n’étaient pas à l’ordre du jour.
Si la réforme sur les CRT est passée, les autres par contre  piétinent. La forme actuelle de la taxe de la promotion touristique (TPT) a encore de beaux jours devant elle. Les professionnels, appuyés par le ministre du Tourisme, souhaitaient que le mode de perception change et soit appliqué aux touristes à partir de l’aéroport au moyen par exemple d’un timbre apposé sur leurs billets d’avion. Simple calcul, si la mesure est appliquée en 2005, à raison de 50 dirhams par touriste, le Maroc pourrait facilement se retrouver avec une manne de 200 millions de dirhams au lieu des 50 actuels.
Cette option, arithmétiquement recevable, se heurte aux hésitations des ministères des Finances et du Transport. Par conséquent, il a été décidé de «réfléchir encore».
Pas de grande visibilité aussi concernant la subvention de l’ONMT pour l’année prochaine. Pour la fiscalité locale, présentée par Abderrahim Oumani, président de la FNIH, rien n’est encore décidé. «La réflexion n’est pas encore terminée !»
L’incertitude  plane aussi sur l’alignement des hôtels aux secteurs industriels en matière de tarification de l’eau. Là, il a été convenu de ne pas prendre de décisions brusques qui risqueraient de gêner les Régies et le concessionnaires.
Le ministre du Tourisme a pour sa part, défendu le projet de loi sur le capital risque. Une réforme en butte aux différences d’approches entre le secrétariat général du gouvernement et l’Inspection des Impôts. Les projets de loi sur l’immobilier locatif à vocation touristique, l’un des soubassements du nouveau plan de développement du tourisme national, a été évoqué en revue, aux côtés du projet de loi sur les guichets uniques dans les stations touristiques.
Au final, l’on notera que la plupart des réformes présentées en décembre 2004 n’ont pas connue d’évolutions majeures. Mais l’optimisme demeure. Le ministre du Tourisme a réitéré, à la sortie de la réunion, l’engagement de «présenter un chantier de réforme de la taxe de la promotion touristique au Premier ministre ». L’on notera au milieu des sujets devenus structurels comme la réforme de la TPT ou celle des taxes locales, l’apparition d’un élément d’actualité dans l’ordre du jour du Comité stratégique. 
Il s’agit du nouveau modèle économique, débat qui, devant le mutisme du ministère de tutelle et de la Fédération, s’était réduit en un âpre face-à-face entre la Royal Air Maroc et les agences de voyages.
Devant le Premier ministre, Faouzi Zemrani, le président de la Fédération des agences de voyages a plaidé pour «un atterrissage en douceur ». La primature a exhorté les agences de voyages à poursuivre les négociations engagées avec la RAM.  Egalement concerné, Karim Ghellab, le ministre de l’Equipement et du Transport, qui a rappelé que le Maroc est desservi désormais par 13 nouvelles compagnies, ne demandant qu’à être commercialisées par les agences de voyages. Notons qu’une rencontre au sommet entre la RAM et les agences de voyages, à la demande de ces dernières, pourrait avoir bientôt lieu.

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