Régionalisation : vers l’Etat-stratège

En marge des travaux du 14ème congrès de l’Association internationale des sciences économiques (AISE) organisé à Marrakech sous le Haut patronage de SM le Roi du 29 août au 2 septembre, une séance de travail s’est tenue sur l’économie marocaine et intitulée "Globalisation et régionalisation : quelles opportunités pour le développement au Maroc ?".
A cette occasion, le directeur de la politique économique générale au ministère des Finances et de la Privatisation, Mohamed Chafiki a soulevé la question de la régionalisation au Maroc. Rappelant que le principe de la régionalisation a été consacré par la Constitution de 1996, Mohamed Chafiki a souligné que "la région au Maroc peut être appréhendée comme une institution indispensable pour une meilleure gestion de proximité du développement, d’autant plus qu’elle sert d’espace de partenariat entre les différents acteurs locaux, notamment les démembrements de l’administration centrale, les collectivités locales, les ONG et les universités".
Mohamed Chafiki, également professeur à l’université Mohammed V de Rabat, a précisé que malgré l’avancée considérable réalisée dès 1996, en dotant la région de nouvelles prérogatives, "il faudrait considérer l’institution régionale au Maroc comme étant une institution en devenir". Mohamed Chafiki explique que ce premier pas n’est pas encore entièrement suffisant et que par conséquent "d’autres réformes doivent être envisagées qui donnent plus de prérogatives à la région et élargissent son champ de compétences".
Bien évidemment, l’objectif de cette régionalisation n’est pas de permettre à la région d’accumuler les attributions dévolues aujourd’hui à l’Etat central. Il s’agit, en fait, pour la région de jouer un rôle économique au sein du pays et surtout au-delà des frontières du Maroc. En clair, la région doit être dotée de moyens financiers et juridiques lui permettant de se lancer, bien armée, dans la guerre de la mondialisation. Et afin d’atteindre cet objectif, Mohamed Chafiki a estimé nécessaire "de poursuivre le processus de déconcentration (au profit des organes de l’Etat installés dans les régions) et de décentralisation (transfert des compétences de l’Etat au profit des instances élues, les collectivités locales).
Ceci dit, tient à préciser Mohamed Chafiki, le développement des régions ne signifie nullement "un affaiblissement de l’Etat central". Au contraire, c’est un "redéploiement démocratique qui lui offre l’opportunité de réajuster ses fonctions classiques de telle sorte à se hisser au niveau de sa nouvelle fonction d’Etat-stratège". Il en veut pour preuve le cas de l’Espagne, pays régionalisé dont le taux de croissance est parmi les plus élevés au niveau européen, précisant que la région de Catalogne qui représente environ 20 % du territoire espagnol constitue actuellement "le poumon européen de l’Espagne".
Aussi, "la logique partenariale est aussi nécessaire puisque l’espace régional se trouve au point de confluence de l’ensemble des acteurs locaux, d’autant plus que la contractualisation est appelée à couvrir pratiquement tous les domaines de compétences des régions". Nous sommes, là, en plein esprit de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

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