Renault : Bilan 2006 meilleur que prévu

Renault : Bilan 2006 meilleur que prévu

L’exercice passé a cependant été, sans surprise, moins bon que celui de 2005 où la marge était de 3,20% en raison notamment de la baisse des volumes vendus en Europe, du surcoût de 360 millions d’euros lié au passage à la norme environnementale Euro IV ou encore de la hausse des matières premières (surcoût de 429 millions d’euros).
«2006, la première année du plan Renault Contrat 2009, a été comme prévu une année charnière pour le groupe. La mise en œuvre de notre stratégie a entrainé un certain nombre de changements profonds dans l’entreprise», a déclaré Carlos Ghosn, président de Renault, lors d’une conférence de presse.
C’est dans le cadre de ce plan que le constructeur prévoit d’aboutir à une marge de 6% en 2009. Parmi les autres objectifs figurent le lancement de 26 nouveaux modèles et silhouettes d’ici à trois ans, d’augmenter de 800.000 les ventes de ses voitures entre 2005 et 2009 et de placer la nouvelle Laguna, qui sera commercialisée en octobre, dans le trio de tête de sa catégorie en termes de qualité.
«Cette mise en route est une étape déterminante pour la réussite du Contrat 2009. Mais elle constitue sans doute la phase la plus ingrate du plan car elle a exigé beaucoup d’efforts en interne (…) alors que les résultats ne sont pas encore visibles», a poursuivi Carlos Ghosn.
Le bénéfice net de Renault, qui va augmenter son dividende de 29% à 3,10 euros par action, s’est établi à 2,869 milliards d’euros (Nissan et Volvo contribuant ensemble à hauteur de 2,26 milliards) contre 3,367 milliards en 2005. Le chiffre d’affaires a été de 41,528 milliards d’euros.
Les analystes financiers interrogés par Reuters attendaient en moyenne une marge opérationnelle de 2,45% et un bénéfice net de 2,765 milliards.
Dans le même temps, PSA Peugeot Citroën, qui a également annoncé mercredi dernier un recul moins marqué que prévu de sa marge opérationnelle et dont le nouveau président du directoire Christian Streiff a tracé les grandes lignes d’un plan de redressement centré sur la qualité, accuse une des plus fortes baisses de l’indice (0,96%). «Le premier semestre 2007 restera difficile, dans la continuité de ce que nous avons vécu en 2006. En revanche, le second semestre marquera enfin le début de notre offensive produits. Au total huit nouveaux véhicules seront fabriqués», a poursuivi Carlos Ghosn.
Outre la Laguna, Renault prévoit notamment de lancer la nouvelle Twingo, qui sera présentée au Salon de Genève au début du mois de mars.
La Logan, la voiture à bas coûts sur laquelle Renault fonde l’essentiel de sa stratégie de conquête à l’international, commencera à être vendue en Inde, en Iran, au Brésil et en Argentine avant l’été. En 2006, le véhicule a été vendu à 248.000 exemplaires dans 51 pays.
«Ces lancements constituent la première vague de notre offensive produit, qui s’amplifiera en 2008, où nous lancerons un nouveau véhicule par mois en moyenne (…) La marge de 3% en 2007 correspond à la moyenne d’une année contrastée avec un premier semestre en baisse par rapport à 2006 et un second semestre en progrès», a poursuivi Carlos Ghosn. Thierry Moulonguet, directeur financier, a précisé que l’impact du coût des matières premières devrait être sensiblement moins fort en 2007, l’estimation initiale est de 200 millions d’euros, ajoutant par ailleurs qu’il n’y aurait plus l’effet négatif de la norme Euro IV.
Au sujet de la Logan, il a rappelé que l’objectif de rentabilité du programme était d’arriver à une marge opérationnelle de 5% à 6%, un niveau qui n’est pas encore atteint aujourd’hui en raison des frais de développement et d’industrialisation. «Mais on y arrivera par un effet d’échelle et par la diversification de la gamme avec un revenu moyen par véhicule qui en 2009 devrait être bien supérieur à celui de 2006. La Logan est un levier d’amélioration de la rentabilité tout à fait important», a ajouté Thierry Moulonguet.
Carlos Ghosn a déclaré que Renault n’avait pour l’instant aucune intention de tenter une percée sur le marché chinois, sans pour autant en exclure le principe. Après l’ébullition suscitée l’an dernier par les discussions entre Renault, Nissan et General Motors, en vue de l’élargissement de l’alliance existante entre les deux premiers au constructeur américain, Carlos Ghosn a déclaré qu’une telle perspective n’était plus à l’ordre du jour.
«Dans la période précédant un redécollage net de Renault, une extension de l’alliance serait dangereuse. Sur le fond c’est une bonne idée», a déclaré celui qui à la fois président de Renault et de Nissan et entend le rester tant qu’il jouit de la "confiance des conseils d’administration".

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