Repositionnement du port d’Agadir : Les scenarii retenus

Repositionnement du port d’Agadir : Les scenarii retenus

Plusieurs anomalies compromettent sa compétitivité et son rôle économique

Au-delà de l’insuffisance des infrastructures et des quais, le port souffre également de la dispersion des flottilles de pêche à différents endroits. La pêche artisanale

en est un exemple.

Les réunions avec les professionnels du secteur de la pêche se multiplient pour étudier les différents scénarios de repositionnement du port d’Agadir. Après plusieurs consultations, deux scénarios sont aujourd’hui envisageables. Le premier est une réorganisation du port actuel d’Agadir avec une extension vers le nord (vers Anza). Le deuxième, quant à lui, se penche sur une réorganisation du port actuel avec une extension vers l’ouest. Ces consultations s’inscrivent dans le cadre de «l’étude de faisabilité des options de développement de l’offre portuaire dans la région d’Agadir» conclue entre le Groupement Artelia Eau et Environnement-MTBS-Artelia Maroc – avec la Banque européenne d’investissement. Notons que Cofrepêche Maroc, en sa qualité de sous-traitant dudit groupement pour le volet pêche, a animé récemment une réunion au siège de la Chambre du commerce et d’industrie en collaboration avec la Chambre des pêches maritimes de l’Atlantique Centre. L’objectif de la réunion est de présenter l’étude susmentionnée et surtout de recueillir les attentes des professionnels et usagers du port afin d’en tenir compte dans la formulation des options de développement qui sera réalisée ultérieurement.

Insuffisances et failles à éliminer

Le diagnostic de la situation actuelle du port fait ressortir plusieurs anomalies qui compromettent sa compétitivité et son rôle économique aux niveaux national et régional. Parmi les failles soulevées, nous soulignons l’insuffisance au niveau des infrastructures : assainissement, électricité, eau et éclairage public. Le problème de l’encombrement des quais, notamment pour la pêche hauturière, ce qui constitue un point défavorable pour le port d’Agadir. Soulignons, entre autres, la période d’arrêt qui immobilise les bateaux pendant une durée de 6 mois par an. Sur le volet congestion, le port de commerce entraîne aujourd’hui un coût élevé pour les opérateurs. Au-delà de l’insuffisance des infrastructures et des quais, le port souffre également de la dispersion des flottilles de pêche à différents endroits. La pêche artisanale en est un exemple. Les barques sont présentes au quai (-6m), au carré de pêche et encore au triangle de pêche. Les activités de la pêche artisanale devraient être transférées au bassin de pêche à proximité de l’entrée N°1 du port. Ceci étant, le diagnostic fait ressortir aussi une insuffisance des aires de stockage au niveau du port de commerce. Un autre élément de taille auquel il faudrait faire face est la réalisation des carénages de bateaux à Las Palmas ou à Vigo alors que la région dispose d’un savoir-faire local qui devrait être exploité, d’où la nécessité de créer un pôle naval avec regroupement des installations. Parmi les failles qui freinent l’attractivité du port actuel, notons aussi l’existence de hangars et de lots de terrain inutilisés, le besoin en blocs sanitaires ainsi que le problème de la connectivité qui occasionne la congestion du trafic routier au niveau des routes reliant au port.

Perspectives de développement

Compte tenu du diagnostic cité, les consultations et la réflexion dans le cadre de «l’étude de faisabilité des options de développement de l’offre portuaire dans la région d’Agadir» font ressortir que le regroupement de la pêche artisanale dans le bassin n°1 nécessiterait le transfert des quelques bateaux de plaisance vers le bassin nautique de la Marina et une réflexion sur le site du Yacht club qui conviendrait pour l’entretien des barques. La pêche artisanale dispose déjà d’installations à terre à cet endroit (halle à marée, locaux de construction récente sur financement du Millennium). Un plan d’aménagement serait à réaliser. Des espaces semblent disponibles. De même un schéma d’aménagement du bassin de la pêche artisanale serait à faire (pontons de débarquement et de stationnement, et protection). Pour le problème de l’encombrement, l’hypothèse retenue est le transfert des bateaux de la marine royale vers un autre endroit (extension vers l’ouest) qui répond au mieux aux attentes de cette dernière. Ce qui permettrait de récupérer le bassin qu’elle occupe actuellement en partie et le dédier à la pêche côtière.

Le regroupement des bateaux par activité: pêche artisanale, pêche côtière (senneurs, palangriers, etc.) et pêche hauturière, permettra d’optimiser les quais et de faciliter les contrôles. Dans le même cadre, l’exploitation des espaces à terre non inutilisés permettrait le développement des activités de la pêche. Pour cela il faudrait disposer d’une cartographie complète et actualisée de l’occupation de quais et des espaces portuaires. Ceci étant, et en dehors des questions liées au déplacement de la marine royale, le développement du port se fera en se penchant sur une réorganisation et une mise aux normes du port actuel sans pour autant investir dans des ouvrages maritimes supplémentaires dont les coûts seraient très onéreux et non justifiés.

L’inchangeable composante : Pêche, commerce, tourisme

Si le développement du port pour une meilleure compétitivité et repositionnement est exigé, les professionnels du secteur restent convaincus unanimement quant à l’obligation de préserver la composante : pêche, commerce, tourisme. Les services au port gagneraient à être modernisés (ANP, ONP, douane, fourniture en eau et électricité, récupération des ordures, propreté, contrôles, etc.). Par ailleurs, le développement futur du port devrait être en harmonie avec le PDR et le SDAU.

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