Reprise de la croissance si le gouvernement change de tactique

Reprise de la croissance si le  gouvernement change de tactique

Le taux de croissance pour l’ensemble de l’année 2012 devrait se situer à 3,0%.
C’est ce qu’il ressort des derniers pronostics du Centre marocain de conjoncture. L’Observatoire ne réajuste donc ses prévisions que de -0,2% par rapport aux précédentes. Une confirmation en somme d’une fragilisation de la croissance économique nationale. «Ce niveau de croissance demeure faible par rapport à la croissance potentielle que l’on considère à 7% pour permettre au Maroc de changer de palier et le hisser parmi les pays à forts potentiels économiques», explique Habib El Malki, président du CMC. En clair, le Maroc se trouve impacté directement par le contexte international.
La zone euro qui représente le premier client du Maroc a enregistré en effet une baisse de croissance de l’ordre de -0,3% alors que les Etats-Unis commencent à vivre un redressement de l’ordre de 2,5%.  
Résultats des courses : le repli des marchés des exportations grève la balance commerciale nationale. Un état aggravé par le ralentissement de la demande des ménages sur le marché national.
«La demande extérieure, subissant les contrecoups de la récession au plan international et plus particulièrement dans la zone euro, devrait accuser un net infléchissement de tendance. La valeur globale des exportations de biens et des services devrait progresser au terme de l’exercice de 7,5% contre 12,4% en 2011. Dans un contexte marqué par un renchérissement des échanges commerciaux, cette évolution implique une hausse réelle des exportations limitée à 4,6%», avancent les économistes de l’Observatoire.
Cerise sur le gâteau, la sécheresse de l’année 2011-2012 présageait déjà une contre-performance pour le Maroc. Il faut dire que la sonnette d’alarme lancée par le Centre marocain de conjoncture ne date pas d’hier. Le changement de donne tant sur l’échiquier international que national devait être pris en compte dans l’élaboration de l’actuelle loi de Finances.
«Le caractère caduc de plusieurs hypothèses qui a permis la rédaction de la loi de Finances a fait qu’elle ne peut pas représenter un outil stratégique qui pourrait redresser la situation», rappelle M. El Malki au nom de toute l’équipe de l’Observatoire. Ce comité scientifique a demandé, en effet, un rectificatif de la loi de Finances. Ceci explique en partie le «blanc» de ces derniers mois qui a précédé la promulgation de la loi de Finances. Celle-ci ne semble pas en effet avoir tenu compte du déficit «jumeau» qui touche de plein fouet l’économie marocaine.
Un phénomène qui n’avait pas été enregistré depuis maintenant 15 ans au Maroc et qui se traduit à la fois par un déficit budgétaire et par un déficit de la balance courante (entrées de devises des MRE, recettes issues du tourisme et volumes des investissements extérieurs). Le premier représentait en effet 6,1% du PIB en 2011 et le second 8,1% du PIB la même année. L’augmentation du chômage qui a grimpé de 1 point passant de 9 à 10% alors que les nouveaux demandeurs d’emplois sont estimés à quelque 190.000 chaque année ne fait qu’alourdir les pronostics… L’exercice pour redresser la barre ne sera pas simple même si l’année 2013 devrait connaître un taux de croissance avoisinant les 4%. Le gouvernement devra en tenir compte dans ses prises de décisions

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