Risque d’inflation dans la Zone Euro

Risque d’inflation dans la Zone Euro

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, s’est inquiété dimanche des risques de "spirale inflationniste" dans la zone euro, tout en défendant l’euro, jugé trop fort et responsable de la hausse des prix par de nombreux Européens. Refusant de dire clairement si une nouvelle hausse des taux était nécessaire, M. Trichet a estimé que la hausse des prix pétroliers et de l’essence entraînait «un risque d’effets de second tour avec les augmentations de pétrole que nous avons eues et d’essence à la pompe».
«On risque de voir une spirale inflationniste se déclencher» dans la zone euro, a-t-il averti, interrogé par le grand jury RTL-Le Figaro-LCI.
La BCE a récemment multiplié les mises en garde contre des risques de dérapage des prix.
Les marchés financiers tablent donc sur un nouveau relèvement, probablement en mars, d’un quart de point du principal taux de la BCE, actuellement à 3,50%. À l’approche de la rencontre du G7, qui se tiendra du 9 au 11 février à Essen en Allemagne, M. Trichet a répété que «les mouvements excessifs ou désordonnés» des principales monnaies étaient «indésirables du point de vue de la croissance mondiale».
Il a défendu la politique de la BCE face à la salve de critiques qu’elle a récemment essuyée, estimant notamment que la banque centrale avait "eu raison" de relever ces taux d’intérêt depuis la fin 2005.
Le président de la BCE a considéré que la perception de l’euro chez les Européens n’était pas conforme à la réalité, en particulier pour l’inflation: les citoyens «perçoivent des augmentations de prix supérieures à ce que nous croyons être la vérité et à ce que donnent les indices». À un journaliste qui lui demandait si le passage à l’euro avait coûté «quatre à cinq points de pouvoir d’achat aux Français», M. Trichet a répliqué: «Ceci est totalement faux».
Il a jugé aussi "fausses" deux thèses selon lesquelles «après l’euro ça va moins bien du point de vue de la création d’emploi», et dans la zone euro «c’est beaucoup moins bien qu’aux Etats-Unis». «On a créé plus de 12 millions d’emplois dans la zone euro depuis la création de l’euro, au 1er janvier 1999» contre seulement trois millions au cours des huit années précédentes", et au total plus qu’aux Etats-Unis pendant la même période, a-t-il affirmé. Alors que le candidat de l’UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, avait taxé récemment la BCE d’"autisme" en matière de croissance, M. Trichet s’est refusé à entrer dans la polémique: «Nous sommes complètement en dehors du champs politique», a-t-il commenté. Il a toutefois laissé entendre que de telles critiques étaient une particularité hexagonale: «Je ne vois pas un seul autre pays dans lequel on a eu des phénomènes de ce genre», ajoutant que «tous les autres gouvernements européens ont réaffirmé leur confiance dans les institutions» et dans l’indépendance de la Banque centrale européenne.
Pressé de dire si l’euro était fort, M. Trichet a refusé de se prononcer, se contentant de dire: «Nous sommes dans un système de changes flottants. (L’euro) doit inspirer confiance, il inspire confiance».

Véronique Dupont (AFP)

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