Said Zniber : « Face à la crise, il faut reconduire les mesures de soutien prises par l’Etat en 2009 et 2010 »

Said Zniber : « Face à la crise, il faut reconduire les mesures de soutien prises par l’Etat en 2009 et 2010 »


ALM: Comment se comporte le secteur du textile-habillement dans la zone Nord?
Mohamed Said Zniber : Comme vous le savez, le secteur vit un réel marasme. Nous n’avons aucune visibilité pour les mois à venir. Nous constatons en effet l’arrêt provisoire d’activités de quelques sociétés dans la zone Nord. Alors que d’autres unités fonctionnent à moitié pour retenir leurs salariés. On enregistre ainsi un chômage technique chez une dizaine de sociétés.

Quel bilan faites-vous du secteur pendant l’année 2011?
Le secteur du textile et de l’habillement a connu un début d’année 2011 très positif par rapport à la même période de 2010. Le cumul des exportations pendant le premier semestre de l’année précédente a affiché une hausse de 7,3%. Mais soudainement une dégradation a été ressentie, ce qui a assombri les perspectives des textiliens nordistes.
Après la rentrée des vacances estivales, les industriels se sont retrouvés avec des carnets de commandes vides et un constat de retournement des marchés à l’export. Cela est dû à une baisse des commandes des grandes enseignes étrangères en juillet et septembre. Malgré cette turbulence qu’a vécue le secteur de l’habillement jusqu’à la fin octobre 2011, nos confectionneurs nordistes étaient optimistes, excepté un petit nombre de sous-traitants, qui étaient au chômage forcé.

Eu égard à la situation actuelle, comment estimez-vous l’activité du secteur du textile-habillement en 2012 dans la zone Nord?
Avec des indicateurs actuels faisant état de la baisse des commandes en provenance de l’Europe, il m’est difficile d’évaluer l’activité du secteur dans un proche avenir. La quasi-totalité des unités de confection de la zone Nord travaille avec le Groupe Inditex. Ce donneur d’ordre de taille est en train, malgré lui, de changer son attitude envers ses fabricants. Car la crise de la consommation européenne affecte de plus en plus le marché espagnol. Nos textiliens sont sur tous les terrains pour leurs conquêtes commerciales. Ils prospectent de nouveaux marchés dont ceux des pays scandinaves et d’Italie. Ils envisagent dans ces conditions de se spécialiser dans la fabrication du produit fini, chose qui n’est pas évidente.

Et comment voyez-vous l’avenir du secteur sous le nouveau gouvernement?
Je tiens à rappeler que le secteur du textile, qui offre de l’emploi à 200.000 salariés répartis sur 1.500 entreprises, traverse une profonde crise. Raison pour laquelle il faut reconduire les mesures de soutien prises par l’Etat en 2009 et 2010. Je me permets de tirer la sonnette d’alarme en faisant également appel aux administrations partenaires de surseoir aux mises en demeure des textiliens relatives aux indus pendant cette période impactée par la crise. Et ce en attendant une conjoncture meilleure.

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