Salma Slimani : «Les charges d’exploitation dépassent largement les recettes»

Salma Slimani : «Les charges d’exploitation dépassent largement les recettes»

Entretien avec Salma Slimani, directrice générale déléguée du Jardin zoologique de Rabat

Nous avons accueilli, en 5 ans, plus de 22.000 écoliers et mis en place plus de 800 ateliers pédagogiques, et ce dans le cadre de notre activité liée à l’éducation à l’environnement. Le but est de stimuler la curiosité des enfants à travers des techniques de créativité.

ALM : Le Jardin zoologique de Rabat incarne depuis 2012 une nouvelle vision. Quelles en sont les principales caractéristiques ?

Salma Slimani : Permettez-moi de préciser qu’il ne s’agit plus du zoo classique que l’on connaît depuis 1973, mais plutôt d’un concept complètement différent avec une nouvelle identité, de nouveaux services, de nouvelles offres et une nouvelle mission. Cette nouvelle mission s’articule autour de 4 axes. Il s’agit entre autres du volet divertissement et loisir ainsi que celui de l’éducation à l’environnement, qui constitue pour nous une nouveauté.  Nous misons également sur la recherche scientifique et encourageons la conservation d’espèces en danger, notamment celles  qui sont d’origine marocaine ou particulière au Maroc et à l’Afrique.

Comment cette refonte a permis de renforcer l’attractivité du zoo ?

Grâce au volet divertissement et loisir, le Jardin zoologique de Rabat a pu atteindre, en moyenne, une affluence de 600.000 visiteurs par an. C’est un chiffre important dans la mesure où les seuls zoos qui dépassent ce nombre sont ceux qui disposent de pandas ou d’animaux spectaculaires.

De même, nous avons accueilli, en 5 ans, plus de 22.000 écoliers et mis en place plus de 800 ateliers pédagogiques, et ce dans le cadre de notre activité liée à l’éducation à l’environnement. Le but est de stimuler la curiosité des enfants à travers des techniques de créativité. Les modules combinent pratique et théorie, avec un temps d’échange de la réflexion et des mises en situation. Cette année, nous avons pu adhérer à l’Association internationale des éducateurs des zoos (IZEA), ce qui nous a permis d’avoir accès à un réseau international spécialisé dans le domaine de l’éducation dans les zoos.

Qu’en est-il des périodes de pic ?

Il est utile de souligner que tous les zoos du monde connaissent une saisonnalité. L’affluence est plus importante lors des périodes de vacances scolaires surtout en printemps et en été. Durant ces périodes, il arrive qu’il reçoive, en moyenne, jusqu’à 3.000 visiteurs par jour. Les pics coïncident aussi avec les naissances ou l’arrivée de nouveaux animaux. Mais aussi lors de l’organisation d’animations ou d’événement lors des journées internationales, comme la Journée de la Terre.  Nous organisons aussi des journées culturelles lors de fêtes.

Comment cet engouement se traduit-il en termes de recettes ? Et à combien s’élèvent vos charges d’exploitation ?

Les charges d’exploitation sont de 30 millions de dirhams. Les recettes sont moins que ça, mais grâce au sponsoring, aux dons et subventions, nous arrivons à compenser. Nous travaillons actuellement sur un programme qui permet de générer des recettes pour qu’on puisse atteindre ce niveau d’équilibre entre les charges et les recettes.

Le zoo est spécialisé en faune africaine, quelles sont les étapes d’accueil de ces animaux ?

Il y a plusieurs étapes à respecter avant l’importation des animaux. Nous procédons par zones en concertation avec les partenaires internationaux. Par la suite, nous interagissons avec les zoos pour rechercher ces espèces.

Enfin, il y a la mise en place des constructions qui sont faites en fonction des animaux qui sont abrités par ces enclos. A titre d’exemple, nous avons accueilli cette année le lion blanc, les panthères tachetées. Nous avons aussi reçu des antilopes sahariennes très rares qui font l’objet d’un programme de réintroduction dans le Sud du Maroc. Notons que nous sommes à pratiquement 2.000 animaux, représentant 190 espèces exclusivement africaines. Cela permet une meilleure adaptation de ces animaux à leur environnement, mais aussi pour favoriser leur reproduction.

Comment se décline votre feuille de route à court et moyen termes?

Nous comptons en perspective ouvrir un vivarium. Il s’agira d’un espace de 1.500 m2, qui sera divisé en biozones afin d’accueillir diverses espèces de reptiles africains. Ce sera un espace abrité qui permettra aux visiteurs d’en profiter même en mauvais temps. Nous avons récemment ouvert le parcours muséographique. Il s’agit d’un espace dédié à l’histoire de la faune marocaine qui s’étale sur 2 millions d’années et qui permet de retracer l’histoire de ces espèces mais pour sensibiliser à l’importance de la préservation de cette faune. Nous envisageons également renforcer l’aspect éducatif avec la proposition d’une nouvelle offre pour les ateliers pédagogiques. Nous introduirons, en outre, l’art dans le zoo à travers des concours et exposition d’œuvres.

Nous comptons aussi organiser des cycles de conférences du Jardin zoologique qui permettront aux scientifiques de présenter et échanger leurs travaux sur la faune et la flore. Nous comptons aussi renforcer nos coopérations à l’international.  Ceci nous permettra de renforcer la partie formation et échange d’animaux.

L’ambition étant de renforcer l’image du Jardin zoologie en tant qu’institution qui s’intéresse à la faune sauvage et qui œuvre à sa préservation.

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