Samir Oudghiri Idrissi : Première priorité, développer une bonne synergie d achat

Samir Oudghiri Idrissi : Première priorité, développer une bonne synergie d achat

ALM : Après l’introduction de Sofiprotéol au tour de table de Lesieur Cristal. Quel bilan faites-vous de cette première année ?
Samir Oudghiri Idrissi : Dans la vie d’une société comme Lesieur Cristal, la participation de Sofiprotéol est un événement comme même important en termes humains. Les choses se sont bien passées chez nous, et ce sans heurts ni difficultés majeures. Suite à ce grand changement, il nous a fallu renforcer notre communication interne afin d’expliquer au personnel la démarche ainsi que de discuter des intentions du nouvel actionnaire et dissiper les craintes qu’il pourrait y avoir. Sofiprotéol est confiant à l’égard de l’équipe marocaine. Les équipes marocaines et parisiennes travaillent en parfaite symbiose pour retrouver une vitesse de croisière.

Qu’est-ce qui ressort de cette synergie ?
Nous avons tout d’abord défini nos priorités. La première à relever est celle de développer une bonne synergie d’achat. Avec l’aide de Sofiprotéol nous œuvrons ensemble pour acquérir les meilleures positions pour renforcer l’acte d’achat. Sur le plan industriel, nous avons procédé à positionner nos unités marocaines à l’intérieur de la toile de Sofiprotéol et à benchmarker tous les paramètres de nos usines pour voir sur quel domaine nous devrions concentrer plus d’effort.
L’autre point de synergie est le volet recherche et développement. Nous sommes en contact permanent avec les équipes françaises pour s’inspirer de certaines démarches tout en gardant l’authenticité de nos produits locaux.

Vous avez fait de l’innovation votre nouvelle stratégie managériale. Comment expliquez-vous ce choix ?
L’innovation revêt une dimension importante dans la mesure où elle permet de répondre à un besoin, celui d’apporter au consommateur toutes les choses qu’il réclame en termes de qualité et de saveur. L’innovation est également un moteur extrêmement majeur pour continuer à nous développer. Actuellement notre socle est sain, ce qui nous permet de continuer sur le même mode de gestion. Nous continuerons donc d’innover sur notre process, notre méthodologie et gouvernance.

Quelle part occupe Lesieur dans l’activité de Sofiprotéol ?
Sofiprotéol est un grand groupe qui fait 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De notre côté, nous avons fait un chiffre avoisinant les 4 milliards de dirhams. Si on n’isole que la partie internationale de Sofiprotéol, Lesieur représente plus de 30 % de la partie internationale du groupe français. Il faut dire que c’est une grande acquisition ainsi qu’une partie indéniable de la croissance externe. Rien qu’au niveau de l’alimentation humaine, Lesieur détient une part allant jusqu’à 35 % de l’activité Sofiprotéol.

Qu’en est-il de vos perspectives d’évolution à l’international ?
Nous sommes déjà présents en Tunisie là où Sofiprotéol existe aussi. Avec sa prise de participation de l’actionnariat de Lesieur , ce mariage s’est renforcé en Tunisie où nous produisons et commercialisons à la fois les produits marocains et français. Nous exportons, également, dans un nombre de pays africains. De même, nous sommes en train de mettre a disposition de Sofiprotéol les plates-formes de distribution dont nous disposons pour commercialiser les produits français et vice-versa. Il faut dire que nous récoltons déjà des réalisations «sympathiques» qui nous permettent d’accroître nos volumes.

Le marché des huiles souffre d’une concurrence indéniable. Comment faites-vous pour sécuriser votre positionnement ?
Ce fléau est tout récent. La contrebande provient d’Algérie où l’huile est subventionnée jusqu’à 40 %. La contrebande a dépassé les 5 % de la consommation marocaine. Le problème est extrêmement important, il n’arrête pas d’évoluer. La contrebande génère un problème financier à l’Oriental.  Des producteurs nationaux se sont retirés de l’oriental. Les volumes de Lesieur ont été divisés par trois. Nous maintenons artificiellement nos activités dans cette région mais on ne pourrait pas tenir très longtemps. Malgré nos multiples recommandations, les actions des autorités concernées restent modestes. Nous ne sommes pas contre la diversification des produits mais nous appelons à ce que ces produits respectent les mêmes exigences auxquelles nous sommes soumis.

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