Samir sécurise ses investissements

Samir sécurise ses investissements

Pas moins de 67% du capital du raffineur national Samir ont transité, jeudi 7 juillet par le marché des blocs de la Bourse de Casablanca. La transaction est passée pratiquement inaperçue. Ce sont pas moins de 8 millions de titres qui ont transité par ce compartiment de la Bourse de Casablanca, pour un prix de 473,81 DH, alors que l’action cotait, sur le marché central, à 438 DH. Le chiffre d’affaires généré est de 7,5 milliards de DH. Un tel montant doit assurément, faire le bonheur de la société de Bourse intermédiaire dans la transaction et par la même occasion, celui de la société géostationnaire de la Bourse de Casablanca. Les commissions n’en seraient que conséquentes. En attendant la déclaration de franchissement de seuil, rendue obligatoire par le volume de la transaction, les interrogations restent multiples.
Selon une source autorisée à la Bourse de Casablanca, le montant de l’opération laisse rêveur,  mais l’opération est loin d’être aussi lucrative pour ses intérimaires. Cette transaction s’inscrit dans le cadre de la convention-complexe, comme mentionné par le règlement général de la Bourse de Casablanca (articles 3-11-7). Dans le cas précis de Samir, Corral, l’actionnaire de référence, vient de procéder à un reclassement de ses titres de participations, par un apport de titres, désormais propriétés de sa nouvelle filiale Corral Morocco, société de droit suédois mais répondant entièrement aux exigences des créanciers marocains du géant saoudo-suédois Corral.
En effet, pour suivre l’ambitieux programme de financement concocté par le groupe Corral, les banques marocaines ont préféré jouer, et ont obtenu, la sécurité maximale. Par contre, selon la même source, la société de Bourse derrière cette opération n’est autre que la banque d’affaires, Finergy. Ayant piloté avec succès l’opération d’introduction de Dari Couspate, Finergy a conseillé Samir dans cette opération, et par conséquent, serait rémunérée sur la base du conseil et non de l’intermédiation. Il faut rappeler que Finergy a été, auparavant, chargée par le raffineur d’exécuter son programme de rachat d’actions.    
En date du 31 mai 2005, le Maroc a enregistré la plus importante convention pétrolière jamais signée. Il s’agissait en effet de la convention visant la modernisation de l’outil de production de la société Samir, dont la valeur d’investissement est de 6,7 milliards de dirhams. Programmé sur une période de 36 mois, il sera réalisé par un groupement composé de trois entreprises étrangères : l’Italienne Snamprogetti, la Turque Tekfen et la Britannique Foster Wheeler. Les deux premières auront à prendre en charge la plus grosse partie du projet : travaux de construction, acquisition d’équipements et matériels, mise en service des nouvelles unités et formation du personnel. Cette partie a été estimée à 5,4 milliards de dirhams. Quant à la seconde partie, confiée à l’entreprise britannique, elle couvre de l’assistance à la gestion et à la réalisation du projet en partenariat étroit avec la société Samir. La société Samir va financer le projet par fonds propres à hauteur de 2,7 milliards de dirhams. Les banques marocaines ont également mis la main à la pâte en participant au financement à raison de 2 milliards de dirhams. Il y a aussi les banques étrangères, qui ont accordé à la Samir un prêt syndiqué de 2,4milliards de dirhams et la Banque africaine de développement (BAD) qui va débourser l’équivalent de 850 millions de dirhams.
L’opération de reclassement des actions au sein de Corral Morocco du 7 juillet apporte, assurément, les dernières garanties pour qu’en fin le chantier soit réellement ouvert.

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