Scénario-catastrophe pour la croissance – Sajid : «Les Marocains ont de plus en plus peur»

Scénario-catastrophe pour la croissance – Sajid : «Les Marocains ont de plus en plus peur»

«Les chiffres du chômage ne font que gonfler, les faillites de TPME, souvent vécues dans le silence, se multiplient à un rythme que nous n’avons plus vu depuis des années, de nombreuses industries ferment ou dans le meilleur des cas sombrent dans l’informel…».

Le secrétaire général de l’Union constitutionnelle (UC), Mohamed Sajid, a dressé un bilan bien morose de l’état des lieux de l’économie nationale. Lors de la troisième édition des «Jeudis de l’UC», celui-ci prédit un avenir encore plus sombre pour la croissance économique marocaine. Bien que la problématique ait des racines anciennes, le gouvernement y a également une part de responsabilité. Détails.

A quelques semaines des élections, l’UC débat du redressement économique du Royaume. La croissance étant passée de 7,5 à 1,5% il serait en effet plus qu’impératif de s’arrêter sur les racines de ce recul et de, si l’occasion s’y apprête, demander des comptes. Pour ce parti de l’opposition, si l’Etat a initié il y a des années de cela des projets structurants et des stratégies sectorielles à même de reluire la croissance nationale, cela n’aurait pas abouti pour cause de non cohérence et viabilité de leurs traductions sur le terrain. «Le manque de vision économique globale et intégrée de l’actuel gouvernement n’a fait qu’accentuer une situation de plus en plus insupportable pour nos opérateurs économiques, nos institutions et surtout pour nos concitoyens», peut-on lire sur un communiqué de l’UC.

C’est en s’appuyant sur des chiffres du Haut-Commissariat au Plan que l’ex-maire de la ville de Casablanca alerte sur une situation qu’il décrit comme «urgence économique».
«Les chiffres du chômage ne font que gonfler, les faillites de TPME, souvent vécues dans le silence, se multiplient à un rythme que nous n’avons plus vu depuis des années, de nombreuses industries ferment ou dans le meilleur des cas sombrent dans l’informel, la croissance des encours de crédits a chuté de 20% en moyenne entre 2005 et 2008 à 2,6% ces trois dernières années, l’économie souterraine et informelle continue à asphyxier le climat des affaires, et à faire sombrer nos concitoyens dans les affres de la précarité», regrette-t-il en s’adressant à son audience parmi laquelle on note la présence de Adil Douiri, PDG de Mutandis et ancien ministre du tourisme, ainsi que Hakim Marrakchi, vice-président de la CGEM.

Pour Sajid, en dépit de quelques indicateurs favorables au développement tel l’accroissement des IDE, les jours qui viennent ne seraient pas meilleurs. En tout cas, à moins que l’on «réinvente un modèle économique marocain». Par cela il entend l’adoption d’une logique économique globale et durable. Il faudrait de ce fait abandonner «la logique comptable court-termiste actuelle», avait-il insisté. Parmi les recommandations présentées lors de ce rendez-vous, l’on retient notamment la création des conditions règlementaires et législatives «nécessaires pour le renforcement des offres de financement du tissu des TPME qui représente 95% de l’économie marocaine». Parallèlement à cela, il y a lieu de se pencher, selon l’UC toujours, sur une refonte totale du code fiscal.
«Il importe d’en finir avec la logique des meurettes à la veille de chaque loi de Finances», note la même source tout en appelant à l’élaboration d’un nouveau code du travail, adapté aux réalités sociales et économiques du pays et d’appliquer un modèle de croissance inclusif, aussi bien pour les populations les plus fragiles que pour l’ensemble des régions.

Pour conclure, le secrétaire général de l’UC n’a pas manqué d’appeler chaque partie à agir «au-delà de toute contingence politique ou électorale» et de réfléchir autour de cette situation. Pour lui, les Marocains vivraient dans la peur. Ils «ont de plus en plus peur pour leurs économies, pour leur emploi et pour leur pouvoir d’achat (…) La peur est source de tensions sociales, et représente de fait la principale menace qui pèse aujourd’hui sur notre économie et notre pays», avait-il déclaré.

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