Secteur hotelier

Secteur hotelier

Thami GHORFI : Monsieur THEPOT, je voudrais commencer par repositionner ce qu’est votre groupe au niveau national marocain. Combien de collaborateurs travaillent chez Accor ?
Marc Thepot : Au Maroc, nous avons 1850 collaborateurs et 21 hôtels. Nous sommes présents dans 11 villes du Royaume, à travers toutes les enseignes du groupe. Nous avons aussi bien des hôtels économiques, Ibis Moussafir, qui est une chaîne de 9 hôtels bien connus, et également 6 Sofitel qui sont répartis un peu partout à Essaouira, Rabat, Marina Smir, Marrakech, etc…
Quel est votre intérêt à développer des enseignes différentes sur le marché marocain?
Marc Thepot : Ce qui est important à mon avis, c’est de comprendre qu’il y a plusieurs types de clients et divers budgets et également plusieurs motifs d’aller dans l’hôtellerie. Aujourd’hui, on a une stratégie qui s’est développée en deux temps. Dans un premier temps, l’important c’est d’exister et d’avoir un certain réseau. Comme beaucoup de groupes, on se développe d’abord avec des contrats de gestion pour le compte de propriétaires et également des contrats de location. Très rapidement, on a créé un fonds d’investissement qui s’appelle Risma, destiné à créer du patrimoine hôtelier. Accor est une partie prenante de cet investissement géré par une filiale qui s’appelle Accor Gestion Maroc, dans laquelle Accor est majoritaire. Cela veut dire qu’il y a engagement durable à gérer des hôtels qui sont également en partie propriété d’Accor. A travers ce montage, la stratégie d’Accor est aujourd’hui assez claire : d’une part, développer un vrai réseau d’hôtellerie économique avec Moussafir Ibis pour la clientèle locale à petit budget qui cherche des produits bien faits et d’autre part, développer une hôtellerie de loisirs et une hôtellerie de luxe avec Sofitel, à travers des produits thématiques de thalassothérapie ou de golf.
Alors justement, vous détenez Ibis, Mercure et Sofitel qui représentent trois niveaux de budgets différents en terme de consommation hôtelière. Aujourd’hui, avec Mercure qui n’est plus aux Almohades, est-ce que cette enseigne va rester au Maroc ?
Marc Thepot : Tout à fait. Mercure est une enseigne qui est positionnée en quatre étoiles et qui est un produit un peu moins célèbre qu’Ibis ou Novotel que l’on connaît bien en Europe. C’est donc un produit qui est destiné à recevoir des hôtels anciens et qu’il y a toujours une voie pour se développer soit en contrat de gestion soit en acquisition sur des hôtels existants auxquels effectivement le Groupe Accor pourrait apporter son savoir-faire en terme de commercialisation et de gestion.
Parlons un peu de votre stratégie de développement à très court terme. Est-ce que le projet Casa City Center qui a fait couler beaucoup d’encre va voir le jour? Ou est-ce qu’il restera un projet virtuel à côté du port de Casablanca ?
Marc Thepot : Pas du tout. Le projet de Casablanca a mis effectivement du temps à se mettre en place, en grande partie parce qu’il fallait sécuriser l’acquisition du foncier. Maintenant, c’est chose faite. Ce projet va démarrer avec des premiers coups de pioche dès la fin 2003 et l’objectif de poser une première pierre en 2004, en particulier à l’occasion des assises du tourisme qui vont se dérouler à Casablanca. Aujourd’hui nous sommes en train de découper ce projet en deux phases et tout de suite nous allons pouvoir lancer un grand Ibis de 300 chambres et un Novotel de 250 chambres car, l’enseigne Novotel qui est extrêmement importante pour Accor dans le monde, est absente au Maroc et nous souhaitons effectivement la développer. Nous commencerons par Casablanca et Agadir suivra.
Vous avez d’autres projets pour le développement d’Ibis dans d’autres villes après le lancement de ce chantier à Casablanca donc Ibis/Novotel. Est-ce que vous avez aussi d’autres développements prévus pour les autres enseignes ? Je pense particulièrement à Sofitel qui représente une image très forte en terme de thèmes.
Marc Thepot : En ce qui concerne Moussafir, l’objectif est d’avoir un projet sur El Jadida qui va devenir rapidement une destination à grand potentiel de développement. Pour l’hôtellerie Ibis, nous allons développer également des produits sur Casablanca et 20 unités assez rapidement dans toutes les villes moyennes : Kenitra, Nador…. A côté, nous avons aussi des projets en appareil Novotel de thalassothérapie notamment sur Agadir.
Jalil MIKOU, est-ce que la semaine dernière était une semaine à gros flux sur la place boursière de Casablanca ?
Jalil Mikou : Comme on pouvait le deviner, la semaine fut très calme avec néanmoins deux petites observations concernant deux filiales du Groupe ONA, à savoir la Centrale Laitière et le courtier en assurance Agma-Lahlou-Tazi dont les cours ont flambé en bourse, pour de faibles volumes. A ce jour, nous n’avons pas encore d’explications par rapport à ce phénomène.
Nous parlons avec M. Thepot du développement du secteur touristique, de l’importance de ce que représente Accor au Maroc. Quel est votre avis en tant que spécialiste de l’investissement dans le secteur surtout le financement de l’industrie hôtelière ?
Jalil Mikou : Ce qu’il faut savoir c’est que l’hôtellerie est une industrie très capitalistique qui nécessite une forte dose de fonds propres et un engagement à long terme. Le profil de l’investisseur idéal est plutôt un investisseur institutionnel, type caisses de retraite ou assurances qui peuvent faire face à de gros investissements. Le modèle de l’investisseur, personne physique avec peu de capital et beaucoup de crédits, que l’on a connu dans les années 70, est un modèle qui ne marche pas et que l’on ne doit absolument pas reproduire.
Quel est votre avis sur un fonds, comme le fonds Risma qui est un fonds dont l’un des actionnaires majoritaire et locomotive est le Groupe Accor ?
Jalil Mikou :Je pense qu’il est incontestable, après 5 années, que le fonds Risma est une réussite. Le bilan est très positif. Tout ceci montre que l’association d’un gestionnaire international, crédible et professionnel, avec des investisseurs institutionnels locaux, donne du résultat. Maintenant, il serait bon de dupliquer ce type d’expérience et ce type de véhicule d’investissements.
M. Thepot, le financement du projet Casa City Center est-il fait sur la base du fonds Risma ?
Marc Thepot :Tout à fait, ce projet rentre dans le cadre du fonds Risma avec une logique de financement, 50% fonds propres, 50% endettement. C’est à ce titre que Risma, dont le capital est de 500 millions de dirhams, va procéder à une augmentation de capital pour ensuite passer à 750 millions de dirhams assez rapidement.
Quelle est votre vision sur la stratégie du Maroc 2010, en terme d’opportunités pour votre Groupe ?
Marc Thepot :Nous souhaitons être effectivement partie prenante de cette vision. Le projet 2010 ne se ramène pas uniquement au plan Azur et aux stations. Le projet 2010 concerne également le développement touristique d’autres endroits. Nous sommes partie prenante dans le projet Mogador en étant associé au chef de file qui est Thomas & Piron et un autre partenaire spécialisé dans les golfs, qui est Colbert & Co. Sur la station Mogador, on va intervenir pour apporter l’expertise sur les produits et sur la commercialisation.
En mettant en valeur des ressources humaines marocaines ?
Marc Thepot : Bien sûr. De toutes les manières, c’est un leitmotiv chez Accor. On travaille principalement avec des marocains puisqu’on a une grande majorité de marocains qui ont travaillé en Europe dans l’hôtellerie et qui sont très fiers de participer au défi 2010 et d’être des opérateurs de ce projet.

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