Session annuelle de l’Académie Hassan II: Réflexion autour de la transition de la science

Session annuelle de l’Académie Hassan II: Réflexion autour de la transition de la science

Selon Michel Brunet, «la première espèce humaine, il y a deux millions d’années, était africaine. Cette espèce est aussi le premier migrant qui est passé de l’Afrique en Europe et l’Asie».

Le choix de la science, fait mardi à Rabat par l’Académie Hassan II des sciences et techniques pour sa session plénière solennelle annuelle, semble judicieux. Il l’est de par l’apport de la science pour la compréhension de phénomènes actuels, à l’instar du réchauffement climatique.

Rôle des scientifiques
En optant pour la science, l’Académie désire, comme l’a indiqué, son secrétaire perpétuel, s’arrêter sur «le rôle que doivent jouer les scientifiques pour contribuer au développement humain». Pour l’heure, la science est, aux yeux d’Omar Fassi-Fehri, «en transition et multidisciplinaire». A propos du réchauffement climatique, le secrétaire perpétuel dudit haut lieu du savoir rappelle que «d’aucuns estiment qu’une ère géologique a déjà commencé».

Quid de la science au  Maroc?
«Toute politique scientifique est censée reposer sur un système d’enseignement de qualité», souligne M. Fassi-Fehri qui trouve que la recherche scientifique doit, à son tour, répondre aux exigences actuelles. D’où l’intérêt, entre autres, de la convention signée par l’occasion. Un document paraphé par le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, l’Académie Hassan II des sciences et techniques et l’Association recherche et développement Maroc. L’objectif étant la recherche des moyens susceptibles de rendre les matières scientifiques plus attrayantes pour les élèves et les étudiants.

Apport cognitif
L’événement, qui se clôture aujourd’hui, était marqué par la conférence inaugurale animée par Michel Brunet et consacrée à l’origine humaine. «La première espèce humaine, il y a deux millions d’années, était africaine. Cette espèce est aussi le premier migrant qui est passé de l’Afrique en Europe et l’Asie», affirme  le professeur au Collège de France qui rappelle que ce premier homme a passé 5 millions d’années d’évolution en Afrique. «Quand cet homme est parti à la conquête de l’Europe et l’Asie, il avait la peau noire de par une adaptation au climat chaud», enchaîne M. Brunet en rappelant les différents apports scientifiques pour l’espèce humaine en passant par Darwin, entre autres.

Le professeur a également énuméré les différentes espèces dont les primates et les hominoïdes. «Cependant, la population ancestrale demeure africaine», souligne-t-il en concluant par un message assez fort: «Ce monde dans lequel nous vivons est d’intolérance et de violence inouïe. On ne veut même plus reconnaître le droit à la différence. Nous sommes absolument tous africains puisque nous partageons la même population ancestrale. Donc nous sommes frères et sœurs. Cela devrait nous conduire à plus de tolérance et de fraternité voire moins de violence!».

Des avancées futures en sciences de la vie

Catherine-BrechignacTrois questions à Catherine Bréchignac, membre associée de l’Académie Hassan II des sciences et techniques

ALM : Comment intégrer la science dans le développement humain ?

Catherine Bréchignac : En apprenant par l’éducation et la formation. Encore faut-il que cette éducation ne soit pas l’apanage des enfants en l’élargissant aux adultes et à tous les niveaux. Le tout en continuant à apprendre constamment.

Quels sont les défis à relever pour le développement de la science contemporaine ?
Les défis existent dans toutes les disciplines. En physique, il s’agit de comprendre les lois de la nature. Et c’est en  sciences de la vie qu’il y aura énormément d’avancées dans le futur. C’est là aussi qu’on aura besoin d’éthique parce que quand on crée la vie, on crée aussi beaucoup de reproductions. Ainsi, on pourrait partir dans des directions différentes.

Comment concevez-vous l’avenir de la science contemporaine ?
Je pense que la science contemporaine évolue extrêmement vite. C’est pourquoi il faut énormément d’éducation parce qu’il ne faut pas creuser un fossé entre les connaisseurs et ceux qui ne le sont pas. C’est pourquoi il faut faire en sorte que ce fossé ne s’agrandisse pas.    

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