Settat se met à l’heure du tourisme

Settat se met à l’heure du tourisme

ALM : Le développement touristique de Settat est le principal défi du CRI. Quels sont les atouts de la province dans ce secteur?
Jelloul Samsseme : Settat n’est pas Agadir ou Marrakech. Ses ressources touristiques sont certes limitées. Mais ce secteur est en forte expansion. La province dispose de nombreuses potentialités. Tout d’abord, les points d’eau sont abondants. Le barrage d’Al Massira dispose d’une capacité de 2,8 milliards de m3. L’espace forestier est également très important pour la promotion touristique. Avec ses 178.000 ha de forêts, plusieurs activités touristiques peuvent y être lancées. Quant au tourisme urbain, je citerais uniquement l’immense circuit golfique qui se trouve dans la province de Settat. Quatre terrain sont déjà opérationnels et un cinquième est en cours d’aménagement. A ce titre, le conseil provincial a engagé 80 millions de DH, soit 50% de l’investissement total, pour ce grand projet qui compte également un hôtel 5 étoiles et des logements touristiques. Reste maintenant à trouver le reste du financement. Nous sommes en train de contacter des investisseurs pour achever l’investissement et prendre en gestion tout le projet. Notre vocation est de capter les flux de transit touristiques entre le nord et le sud du Maroc.
Qu’en est-il des ressources halieutiques?
Justement, c’est un chantier gigantesque pour la région. Le seul dont elle dispose est la plage de Sidi-Rahal, la seule issue de la province sur la mer. Les littoraux sont sensibles. Leur exploitation anarchique peut causer des dégâts parfois irréparables. C’est la raison pour laquelle nous avons élaboré un cahier des charges pour éviter tout dérapage. Ainsi, il est strictement interdit d’obstruer la vue sur la mer. Tous les citoyens doivent avoir le libre accès à la plage et à la mer. Et il est impossible de construire sur les dunes de Sidi Rahal.
Pourquoi les dunes?
L’importance des dunes est incontestable. Une étude du LPEE a montré que l’existence de ces dunes permet d’éviter que l’eau salée de la mer ne puisse s’infiltrer dans la nappe phréatique. C’est ce qui s’est passé à Casablanca où l’eau, des puits avoisinants la côte, est totalement salée. Il ne faut pas oublier que Sidi Rahal est une zone rurale où la population vit entièrement de l’agriculture.
Vous avez également insisté sur la protection de l’environnement.
En effet, les unités qui s’installeront à Sidi Rahal ne peuvent en aucun cas rejeter les eaux usées dans la mer. Tant que la station d’épuration n’est pas prête, ces unités touristiques doivent, obligatoirement, construire des fosses septiques contrôlées. Une fois que les travaux de canalisation seront achevés, toutes les unités seront reliées à la station d’épuration. En tout cas, aujourd’hui, il n’y a pas de rejet en mer.
L’obstacle administratif est également à prendre en considération.
Au centre régional d’investissement, nous nous sommes engagés à traiter tous les dossiers qui nous soumis dans un temps record. A savoir, une semaine maximum. Toutes les autorisations sont livrées au promoteur par le CRI.
Quels sont les principaux projets touristiques à Settat?
Nous avons été contactés par un groupe sud-africain qui souhaite créer un parc naturel dans l’espace forestier de la province. Un groupe français veut également monter un projet pour les sports à risques, comme le VTT. Un groupe marocain a entamé la construction d’un complexe balnéaire à Sidi Rahal, le Garden Beach, d’un investissement de 500 millions de DH. Un Marocain résident aux Etats-Unis a construit un grand centre commercial avec cafés, restaurants et animations. Il faut rappeler qu’environ 30.000 personnes visitent Sidi Rahal en été. Ils proviennent essentiellement de Casablanca et le taux de retour est de 65%.
Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez?
Il y’en a plusieurs. Mais je citerais celui du foncier. Nous voulons faire du foncier un argument de promotion. Il faut donc disposer d’une base de données complète et fiable. Pour cela, nous appelons l’ensemble des intervenants, l’Etat et les particuliers, à faire davantage d’efforts pour mettre en oeuvre ce projet. Aussi, les banques commerciales ne jouent souvent pas le jeu. leur manque de flexibilité nous fait perdre beaucoup d’investisseurs sérieux et intéressants.

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