Siham El Khaddar: «Nous venons compléter l’offre marocaine et non pas la concurrencer»

Siham El Khaddar: «Nous  venons  compléter l’offre  marocaine  et non pas la  concurrencer»

ALM : Le Maroc a été à l’honneur au Forum EnerGaïa. Dans quel cadre s’inscrit cette participation ?

Siham El Khaddar : Le Forum EnerGaïa est un événement qui s’intéresse au secteur de l’énergie sous toutes ses composantes, notamment la transition énergétique. Le Maroc s’inscrit parfaitement dans cette dynamique, d’où le choix de le mettre à l’honneur. Notre ambition était de partager avec un large parterre de professionnels la stratégie énergétique engagée par le Royaume. Puisque EnerGaïa est avant tout un rendez-vous d’affaires, nous avons invité une importante délégation marocaine composée d’institutionnels et de chefs d’entreprises. L’idée étant d’être à leur écoute et de leur présenter le savoir-faire de la Région Languedoc-Roussillon en matière d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétiques et d’environnement. Nous avons saisi l’occasion, également, pour promouvoir la filière eau qui est une filière très importante au niveau de la région et de Sud de France développement.

La Maison de la Région Languedoc-Roussillon s’est implantée depuis 2012 à Casablanca. Où se positionne le Maroc dans votre cartographie ?

Permettez-moi, tout d’abord, de vous présenter Sud de France Développement. C’est une société d’économie mixte créée par la région Languedoc-Roussillon dont la finalité étant d’accompagner les entreprises locales dans leur développement national et international. Pour mener à bien sa mission, Sud de France développement a créé des antennes au monde. Nous en avons à Shanghai, à Londres, à New York et à Casablanca. La maison marocaine est l’unique antenne de l’Afrique et du Monde arabe. Notre implantation au maroc est confortée par les liens historiques entre le Royaume et la région Languedoc-Roussillon. Ces liens se sont renforcés grâce à la diaspora marocaine et qui se veut la plus grande communauté étrangère de la région.

Quelles sont les actions attribuées à l’antenne marocaine ?

Nous travaillons principalement sur deux filières, à savoir l’eau et la logistique. En termes de ressources hydrauliques, la région du Languedoc-Roussillon abrite le plus grand pôle de compétitivité au niveau mondiale. De même, elle dispose d’une façade maritime importante. Des liens logistiques existent d’ores et déjà avec le Maroc notamment à travers la fameuse traversée «Sète-Tanger». Nous nous positionnons sur ces deux pôles pour créer une complémentarité avec l’offre existante au Maroc. Nous évitons de toucher à des filières où le Maroc et le Languedoc-Roussillon présentent des similitudes. Notre objectif est d’assurer la compétitivité et non pas de concurrencer des secteurs au niveau desquels le Maroc est compétent.

Qu’en est-t-il des partenariats conclus entre le Maroc et le Languedoc-Roussillon ?

L’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) a signé en janvier 2014 une convention avec Sud de France Développement, et ce en présence du ministre Aziz Rabbah et le président de la Région Languedoc-Roussillon. De même, nous avons lancé récemment une étude pour l’identification des flux arrivant du Maroc envers la région et vice versa. Les conclusions déduites de cette étude constitueront le plan d’action gagnant-gagnant qui nous permettra d’aller vers des schémas logistiques plus compétitifs.

Comment s’annoncent les perspectives entre les deux parties ?

Le Languedoc-Roussillon fusionne avec la région du Midi-Pyrénées. Du coup, un nouveau savoir-faire s’ajoutera, notamment en termes d’aéronautique qui est assez développé dans le Midi-Pyrénées surtout avec l’installation de Air Bus à Toulouse. Ainsi, notre région s’ouvrira sur de nouveaux horizons. Chose qui nous permettra d’identifier de nouvelles pistes de partenariat avec le Maroc et de développer, éventuellement, de nouvelles filières.

A titre d’exemple, nous menons actuellement une étude qui cible la filière agroalimentaire pour définir les produits à ramener au Maroc. Cela concernera principalement l’épicerie fine ainsi que quelques variétés de fruits et légumes non disponibles au Maroc par saisonnalités.
 

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