Situation confortable du marché monétaire

Situation confortable du marché monétaire

Malgré les fortes ponctions opérées par Bank Al-Maghrib à travers les reprises de liquidité, les taux au jour le jour (JJ) ont évolué dans un marché globalement placeur et se sont maintenus à des niveaux détendus. En effet, l’injection par le biais de la paie des fonctionnaires (en date du 27/10) a renforcé la sur-liquidité du système et par conséquent la détente des taux JJ qui ont évolué sous le seuil de 2,25%.
Dans ce contexte, la réserve monétaire obligatoire affiche une situation confortable avec un excédent moyen de 15 milliards de dirhams par jour. De façon globale, les analystes financiers de BMCE Capital notent que la sur-liquidité s’est amplifiée au courant des derniers mois sous l’effet de beaucoup de facteurs expansifs, notamment le désendettement du Trésor – 4 milliards de dirhams injecté durant septembre et octobre- et l’expansion des avoirs extérieurs depuis le début de l’année. Du côté de la demande, BMCE Capital annonce que la tendance est certes baissière car il s’agit d’un ajustement à la baisse des taux primaires par rapport aux taux secondaires. Le Trésor n’a pas encore annoncé son programme de financement prévisionnel pour le mois de novembre, mais celui-ci devrait se situer dans une fourchette de 2,5 – 3,5 milliards, soit une levée nette se situant entre 1 à 2 milliards de dirhams. Sur une demande historiquement élevée de 22 milliards de dirhams – contre une demande moyenne de 12 milliards depuis le début de l’année – le Trésor a levé 2,3 milliards, soit un taux de satisfaction de 11%. Les analystes de BMCE Capital soulignent par ailleurs que le Trésor a procédé au remboursement de un milliard de dirhams au titre de la première tranche de l’avance conventionnelle. Ainsi, le montant effectivement mobilisé par le Trésor lors de cette adjudication pour financer ses propres besoins s’établit à 1,4 milliard de DH.
Cette levée constitue désormais un tournant pour le marché obligataire et, par ricochet, l’évolution des taux. En effet, l’amorce du retour de l’argentier de l’Etat sur le marché de la dette est motivée par des besoins importants à l’approche de la fin de l’année budgétaire. Sachant que l’excédent de la trésorerie constitué depuis quelques mois devrait s’inscrire en baisse au vu des remboursements de la dette intérieure en intérêts et en capital. Par ailleurs, les perspectives de croissance économique s’annoncent plus prometteuses que prévu. Le taux de la croissance économique ressort à 7,9% à fin juin 2006, tirée par une récolte agricole exceptionnelle (+90 millions de quintaux) qui contribue à hauteur de 4% dans la croissance économique.
La robustesse de cette croissance trouve aussi son origine dans la bonne ascension du secteur des BTP (+12,3% de ventes de ciment sur un an glissant).

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