Sodea-Sogeta : Laenser s’explique

C’est parti, ou presque! Le ministère de l’Agriculture a quasiment donné le coup d’envoi de la plus importante opération de location de terres agricoles appartenant à l’Etat. Cette opération d’envergure, sur laquelle se sont penchés plusieurs départements ministériels, sous la présidence du Premier ministre ,Driss Jettou, devrait rapporter la bagatelle de 2 milliards de DH, au moins. Il s’agit en fait d’un partenariat entre l’Etat qui met en location ses terres agricoles et le secteur privé qui devrait valoriser ce patrimoine foncier en investissant, créant des emplois et mettre à disposition son savoir-faire.
En effet, l’appel d’offres international concernant ce patrimoine foncier de plus de 56.000 hectares sera officiellement lancé le 25 octobre. C’est ce qui a été annoncé lors d’une conférence de presse, mardi dernier, à Rabat. A compter du 25 octobre, les investisseurs privés, marocains et étrangers, pourront retirer les dossiers d’appel d’offres. Et que le meilleur gagne!
« L’opération est claire comme de l’eau de roche », assure Mohand Laenser, ministre de l’agriculture. La préparation du cahier des charges a nécessité plusieurs mois de travail et de concertation avec les professionnels nationaux. Résultat: sur les 56.000 hectares, l’Etat a identifié 208 projets. Le tout, couvrant 11 régions économiques et 24 provinces.
Chaque projet est constitué par une seule unités ou par le groupement de plusieurs unités de production (fermes), associées dans certains cas à une infrastructure agro-industrielle. Pratiquement toutes les filières agricoles sont concernées par cette opération.
Cela va des grandes cultures à la riziculture, en passant par à l’agrumiculture, la viticulture ou les rosacées. Evidemment, les investisseurs étrangers auront le droit de soumissionner. Toutefois, sous la pression des professionnels nationaux, l’Etat leur a réservé un quota à ne pas dépasser. Cela pourrait paraître discriminatoire au premier abord, mais le gouvernement marocain a tenu à protéger le tissu agro-industriel national et pourquoi pas ne pas lui donner un coup de pouce. Par exemple, « pour deux dossiers identiques, la priorité sera donnée au soumissionnaire national », a déclaré Mohand Laenser.
En attendant, le cahier des charges a fixé la durée de la location en fonction de la nature des projets et aussi, pour ne pas léser les preneurs, en tenant compte de la durée de l’amortissement des capitaux à investir. Ainsi, la location durera 40 ans si l’investisseur propose la réalisation d’investissements en plantations arboricoles, viticoles, forestières ou en infrastructures agro-industrielles. Toutefois, si le partenaire propose de réaliser des cultures annuelles ou l’élevage, la durée du bail ne dépassera guère les 17 ans. Autre élément important du cahier des charges: le prix du loyer. Pour éviter que cet élément ne soit un argument concurrentiel entre les soumissionnaires, le gouvernement a fixé lui-même la redevance annuelle pour chaque projet. Payable d’avance, le prix du loyer est révisable tous les cinq ans au taux de 10%. A noter que l’administration n’oblige aucun investisseur à développer telle ou telle culture. Toutefois, la cohérence du projet est un critère important dans l’évaluation des soumissions. Il représente 20% de la note totale, au même titre que la création d’emploi.
Quant au montant de l’investissement, il sera noté à hauteur de 45%. Enfin, les références du soumissionnaire et ses capacités financières représentent 15% de cette note. Rappelons que les travailleurs permanents actuellement attachés aux fermes objets de l’opération de location ne seront pas renvoyés par l’investisseur. Mieux, les temporaires seront prioritaires en cas de création de nouveaux emplois. Tout cela et bien d’autres aspects feront l’objet de conventions entre l’Etat et les investisseurs retenus. Rendez-vous est déjà donné pour le 21 juillet 2005, date de mise à disposition des terres aux investisseurs.

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