Souss-Massa : Le Plan de développement régional adopté

Souss-Massa : Le Plan de développement régional adopté

La région se caractérise par une forte résilience face à la crise économique

Le Plan de développement régional du Souss-Massa a été adopté par la majorité du conseil lors d’une session ordinaire tenue le 6 mars. Cette feuille de route définira les axes de développement des secteurs clefs de la région pendant les six ans à venir.

Contexte et défis

Le diagnostic du bureau d’études désigné pour l’élaboration du PDR (Plan de développement régional) au niveau du Souss-Massa démontre une croissance économique en baisse depuis 2010 avec une forte résilience en comparaison avec le reste du Maroc.

La région comme pôle important représente 6% du PIB national et 8% de la population. Cependant, la région du Souss-Massa connaît une décélération de la croissance amorcée en 2010 avec une croissance du PIB1 qui passe de 6,0% p.a. à 5,7% p.a. entre 2007-2010 et 2010-2013. Par ailleurs, la région se caractérise par une forte résilience face à la crise économique avec un PIB en baisse de 30 bps vs 140 bps pour la moyenne nationale (entre les périodes 2007-2010 et 2010-2013) avec une reprise amorcée en 2012.  Ceci étant et malgré une faible croissance de la population, le Souss-Massa se caractérise par une forte pression démographique liée à un exode rural important et une structure démographique jeune entraînant un fort taux de chômage principalement pour les jeunes. La région connaît de ce fait une forte transformation accélérée de la structure démographique, avec des implications sociales importantes tel l’exode rural massif (-1,3% p.a. de la population rurale depuis 2004 vs 0% au national) induisant une forte pression sur les bassins urbains (+3% p.a.). La structure jeune de la population (~45% de la population ayant moins de 24 ans) avec 45-50 k accélère le besoin en travail. Notons le nombre de personnes atteignant l’âge de travailler chaque année (18 ans). Données qui engendrent une croissance importante du chômage ces 10 dernières années en lien avec l’importante pression démographique (+2,4% p.a. entre 2004 et 2014).

Le bilan économique établi pour permettre l’élaboration du PDR fait ressortir un changement important du territoire suite à la régionalisation avancée. Cependant, la structure de l’économie de la région n’a que peu changé. Dans le même contexte la région reste dépendante des moteurs économiques traditionnels, agriculture-tourisme-pêche (ATP), représentant encore ~45% du PIB régional et qui montrent des signes de faiblesse. Soulignons la croissance importante de l’agriculture (+7,7% p.a. de 2010 à 2013) tirée par l’extension du périmètre irrigué et l’évolution du mix vers la HVA (haute valeur ajoutée) – croissance future limitée par le stress hydrique. Le secteur touristique a également accusé une baisse avec -8% des nuitées entre 2014 et 2015 liée à la baisse des arrivées de l’Europe de l’Ouest (-4% p.a. depuis 2010), partiellement compensée par le tourisme national (+11% p.a. depuis 2010).

Plusieurs facteurs derrière la faible attractivité

Le secteur souffre des handicaps sur l’ensemble de la chaîne de valeur (exemples : habitations vétustes, mono-produit, attractivité des infrastructures urbaines). Sur le plan transformation des produits de la mer, elle connaît un épanouissement avec +10,4% p.a. du PIB entre 2010 et 2015 malgré la baisse des débarquements sur la même période (-6,4% p.a.) grâce aux transferts des PDS, l’amélioration de la valorisation à la tonne – risques futurs sur la stabilité de l’approvisionnement – et le potentiel d’amélioration de la valorisation.

Le secteur du BTP, quant à lui, se caractérise par un développement autour d’un nouveau relais de croissance depuis 2007, mais en ralentissement avec la baisse des mises en chantier dans la Région (exemple: baisse du nombre de projets sociaux). Ce ralentissement est expliqué par une forte baisse des investissements publics et privés dans la région. Notons que l’investissement public dans la région est largement inférieur à la moyenne nationale. Soulignons dans le même cadre une forte baisse des investissements privés (-44% entre 2010-2012 vs 2013-2015). La faible attractivité de la Région est expliquée par plusieurs facteurs dont nous notons, selon le diagnostic du cabinet, l’absence d’une vocation clairement arbitrée sur le Grand Agadir et de positionnement différencié au niveau national, l’absence de feuille de route claire, manque de coordination de l’action des différents acteurs clés publics et privés ainsi que les retards dans la mise en place des conditions cadres pour faciliter l’investissement (exemples:  zones industrielles, zones franches).

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