Soutien à la reconversion : 51 millions DH débloqués au profit de 16 opérateurs formels

Soutien à la reconversion : 51 millions DH débloqués au profit de 16 opérateurs formels

Questions à Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique

ALM : L’interdiction des sacs en plastique boucle sa première phase. Quelles seront les actions à venir ?

Moulay Hafid Elalamy : Nous allons cibler les commerçants et saisir en cas de besoin les sacs en plastique à leur disposition et qui bien évidemment ne répondent pas aux normes. Nous avons une ferme décision d’éradiquer les sacs en plastique nocifs au Maroc. Il est utile de souligner qu’en premier temps nous nous sommes concentrés sur l’amont de cette filière. L’objectif étant d’arrêter la production qui était massive avant de passer aux commerçants. Comme vous le savez, le Maroc est un grand consommateur de ces fameux sacs qui sont très souvent recyclés et que l’on retrouve un peu partout même dans nos réfrigérateurs. En première phase, nous avons arrêté à la fois leur production et leurs importations.

Nous avons voulu d’ailleurs laisser écouler normalement les stocks existants dans les circuits mais en revanche nous avons interdit le transport de ces sacs en plastique. Ainsi, ceux qui en avaient dejà peuvent écouler leurs stocks. Toutefois les volumes transportés pour être vendus d’un point à l’autre en quantité industrielle ont été saisis et incinérés, soit plus de 6.500 tonnes détruites. Globalement, nous avons ramassé près de 7.000 tonnes de sacs en plastique sur un axe routier de plus de 80.000 kilomètres et plus de 108.000 hectares de points noirs.

Vous avez créé un fonds de soutien de 200 millions DH pour accompagner les entreprises dans leur processus de reconversion. Combien avez-vous débloqué de subventions à ce jour ?

Sur les 200 millions de dirhams, nous avons débloqué environ 51 millions de dirhams au profit de 16 opérateurs formels retenus. De même, plusieurs dossiers sont en cours d’études pour bénéficier de subventions. Nous accompagnons les entreprises jusqu’à 50% de leurs investissements. Pour les opérateurs souhaitant amorcer une nouvelle activité, la subvention peut atteindre jusqu’à 14 millions de dirhams, il faut juste qu’ils répondent aux critères y afférents. Il faut savoir que nous n’intervenons à aucun moment dans la décision des opérateurs. Ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Certains ont choisi de mettre en conformité leurs unités de production par rapport aux exigences normatives, notamment la fabrication des sacs poubelles. D’autres ont changé carrément d’orientation et ont démarré une nouvelle activité, en l’occurrence les sacs en papier, qui est aujourd’hui un marché très intéressant.

En ce qui concerne les sacs en papier, la demande dépasse l’offre, soit un différentiel de plus de 4 milliards d’unités. Est-ce qu’on peut s’attendre à une pénurie de ce produit ?

Absolument pas. Ce différentiel existe sur le marché. Comme vous le savez, les sacs en papier fonctionnaient très bien auparavant. Une fois que le plastique est arrivé sur le marché, les fabricants de sacs en papier ont baissé les rideaux. Plusieurs usines ont fermé. Et ce sont ces unités-là qui redémarrent aujourd’hui. Certaines d’entre elles ont été complètement rénovées adoptant dans leur process des machines très performantes. Nous fabriquons aujourd’hui environ 4,6 milliards de sac en papier et on consommera à l’avenir environ 9 milliards. Donc nous sommes obligés de recourir à l’importation pour une période. Pour cela, nous demandons de baisser les droits d’importation pour que le consommateur final ne soit pas touché. Entre-temps nous continuerons de pousser l’industrialisation et fabriquer localement les sacs en papier. Nous sommes bien armés pour atteindre cet objectif.

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